Rapport: Cinéma africain au village Bonendale
Rapport de la projection du film “Yellow Card”, samedi 19 juillet 2008 à Turbo-Bar à Bonendale. Le film a non seulement attiré une foule de spectateurs, jeunes et adultes mélangers, mais à fait vibrer le village de Bonendale avec des applaudissement lors de la projection. Rapport de Jean Ndoumbe.
Dimanche 20 juillet 2008
CINEMA AFRICAIN AU VILLAGE
YELLOW CARD
fait vibrer Bonendale avec des applaudissements lors de la projection
(SAMEDI 19 JUILLET 2008 à TURBO-BAR)
Dans la salle de projection des films, le technicien de la Fondation AfricAvenir International installe les appareils pour la projection du soir. Tout à coup, un ronflement de moteur attire son attention vers l’extérieur de la salle ; le véhicule du quotidien Cameroon Tribune, à l’intérieur duquel se trouve Stéphane TCHAKAM et son chauffeur, entrait dans la grande cour de Turbo Bar. Il est environ 17h15 min. Au stade de Bonendale, l’on vit une rencontre de football comptant pour le championnat de vacances auquel participent des équipes provenant de Bonendale, Ndobo, Sodiko, Bonamatoumbe et Bojongo. Le journaliste a donc le temps de préparer son grand reportage sur le programme « Cinéma au village » lancée par la Fondation AfricAvenir International depuis le Samedi 05 Juillet 2008. Alors commence une séance de questions-réponses entre le reporter et le technicien chargé des projections. A l’issue de celle-ci, Stéphane T. reçoit des informations sur le déroulement des projections, les réactions des cinéphiles, le choix de cette salle comme lieu de projection… Laissant le technicien continuer son travail d’installation, le reporter va dans la cour afin de profiter du grand calme pour construire ses notes.
A 18h05min, les premières personnes arrivent et réservent leur place pour la grande rencontre de la soirée : ce sont de jeunes adolescents qui ont pris pour habitude de devancer les plus grands qui traînent les pas, en commentant l’issue des matches de football. En cinq minutes, Stéphane T. reçoit leurs impressions sur les films projetés jusqu’à lors.
A peine a-t-il remercié les jeunes qu’arrive un trio de femmes à l’âge bien avancé. Le technicien informe le reporter de Cameroon Tribune de la régularité de ces mamans aux différentes projections, et de la pertinence de leurs interventions pendant les discussions. Rapidement, le journaliste sollicite un entretien avec la plus âgée. En langue duala et en présence d’un traducteur, la veuve Etonde lui parle de sa motivation à assister aux soirées de projection ; « je viens ici parce que c’est un évènement qui se passe au village, et donc je suis tenu d’y être. J’aimerais vivre moi-même les choses au lieu de les écouter de la bouche des autres », déclare la maman, qui avoisine la centaine. Pendant ce temps et attendant le public du stade qui arrive progressivement, les propriétaires des sièges occupés regardent une vidéo intitulé KEM O SIDA (NON AU SIDA), tourné par les jeunes de Bonendale qui voulaient passer un message de sensibilisation à tous.
A 19h04 minutes, les premières images de YELLOW CARD, réalisé par John Riber, défilent sur le grand écran. Ici, il s’agit des « aventures de Tiyane, un jeune zimbabwéen de 17 ans, aux prises avec le sexe, l’amour, l’école et surtout, avec le mirage d’une carrière de grand footballeur. Petite étoile de l’équipe des hyènes, les occasions de rencontrer de belles filles ne lui manquent pas jusqu’au jour où il rencontre Linda. » L’on remarque rapidement que le film est d’un intérêt très particulier pour les jeunes, car ceux-ci ajoutent cris et applaudissements aux scènes et dialogues du film. Même les personnes âgées ne restent pas insensibles ; elles s’expriment verbalement et font de grands gestes.
La salle est en vibration. Un regard de la grande foule qui a couvert même l’entrée principale du bar nous permet de remarquer dans le public la présence de Alexandre T. DJIMELI, Rédacteur en Chef du quotidien Le Messager , accompagné de son collègue Jacques DOO BELL, du Réalisateur Vincent NDOUMBE D. et du comédien Eshu. Comme c’est le cas pour toutes les projections, le film est interrompu à un moment donné pour que Merveille Moukoko fasse le point de l’histoire en langue duala. A la fin de cette fiction de 92 minutes, l’Equipe de Le Messager a encouragé le Prince Kum’a NDUMBE III et le coordonnateur du projet à continuer cette initiative de la promotion du cinéma africain en nos langues maternelles.
Le débat qui a suivi a été l’occasion d’entendre les points de vue des jeunes et adultes sur les questions de l’éducation, du sexe, et de la responsabilité. Certains stipulaient que les parents sont responsables de l’éducation des enfants, donc de leurs différents comportements en société. D’autres ajoutaient que la bonne éducation d’un enfant ne dépend pas uniquement des parents ; Un enfant hors de sa maison rencontre d’autres personnes ou bien il se fait des amis dont le comportement peut influencer le leur. Aussi, vu l’infection par le VIH de Skido, l’ami de Tiyane qui allait d’une fille à une autre sans protection, les intervenants se sont mutuellement exhortés à une vie ordonnée. Et même, un grand nombre de personnes a souhaité devenir membre de la Fondation AfricAvenir International et la soutenir dans ses multiples fonctions. A 21 h37 minutes, l’on a écouté les dernières interventions, après quoi Merveille Moukoko a fermé le débat et annoncé le prochain rendez-vous.
Jean NDOUMBE
Chargé des projections