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Rapport: Hommage à Sembene Ousmane prend de l’ampleur

L’hommage à SEMBENE OUSMANE, ce fils digne de l’Afrique, prend de l’ampleur à l’Université de Yaoundé I. Hier, mercredi 25 Juin 2008 s’est déroulée la deuxième journée de l’hommage rendu à SEMBENE Ousmane avec la projection du film CAMP DE THIAROYE.

Yaoundé, le 26 juin 2008

Note d’information
L’Hommage à SEMBENE Ousmane prend de l’Ampleur à Ngoa Ekelle

L’hommage à SEMBENE OUSMANE, ce fils digne de l’Afrique, prend de l’ampleur à l’Université de Yaoundé I. Hier, mercredi 25 Juin 2008 s’est déroulée la deuxième journée de l’hommage rendu à SEMBENE Ousmane que la fondation AfricAvenir International dont le siège est à Douala, organise en partenariat avec la Faculté des Arts, Lettres et Sciences Humaines de l’Université de Yaoundé I.

Le professeur Jean Emmanuel PONDI, Secrétaire Général de l’Université de YAOUNDE I, le Dr. FOFIE, représentant du Département des Arts et Archéologie et le Professeur Kum’a Ndumbe III, Enseignant à l’université de YAOUNDE I et Promoteur de la fondation AfricAvenir International ont introduit la séance.

Le Secrétaire Général de l’Université de Yaoundé I, le Professeur Jean Emmanuel PONDI qui a une fois de plus modéré lui-même la cérémonie, a encore félicité la fondation AfricAvenir International qui a eu la formidable idée de rendre hommage à ce grand homme d’Afrique qu’est SEMBENE Ousmane. A son tour, le Prince Kum’a Ndumbe III a remercié le Professeur Jean Emmanuel PONDI pour sa disponibilité et sa fidélité à cette cérémonie d’hommage. Le prince a aussi salué la présence des spectateurs qui étaient encore plus nombreux qu’à la cérémonie d’ouverture. Revenant sur la réaction de ceux-ci après le film EMITAI, projeté à la cérémonie d’ouverture, il a affirmé sa profonde certitude qu’ au dernier jour de l’ Hommage qui aura lieu le vendredi 27 Juin 2008, les spectateurs ayant pris part aux différentes séances auront une autre vision du monde.

Par ailleurs, la séance a continué avec la projection du film CAMP DE THIAROYE de SEMBENE OUSMANE. Projection dont le début a été marqué par l’entrée du Doyen de la Faculté des Arts, Lettres et Sciences Humaines de l’Université de YAOUNDE I, le Professeur Laurent OMGBA. CAMP DE THIAROYE, un film très émouvant, met en scène l’une des plus grandes trahison et atrocité qu’a fait vivre la France aux anciens combattants africains à la fin de la deuxième guerre mondiale. Rentrés des fronts de guerre contre l’Allemagne nazie, ces combattants africains appelés « tirailleurs sénégalais » doivent être démobilisés et rentrer dans leurs villages. Mais de tout ce qui leur a été promis pendant la guerre et lors de leur démobilisation, aucune parole n’est tenue.

On leur ment sur toute la ligne, l’armée française veut tout simplement se débarrasser de ces quelques survivants avant de mobiliser d’autres Africains qui iront au front mourir pour la France. Le racisme outrancier est affiché, un soldat noir ne vaut pas un soldat blanc, disent les officiers blancs, or rétorquent les Africains, au front, où on avait l’habitude de les aligner, la balle de l’ennemi n’a jamais distingué la couleur de la peau. « soldat blanc et soldat noir, c’est kif kif ! ». Le drame survient lorsque les officiers blancs divisent par deux la valeur de l’argent qui doit être payé aux soldats noirs démobilisés. Un Général français est pris en otage au camp de Thiaroye par les « tirailleurs sénégalais ».

Le Général libéré après la promesse de payer, les Africains fous de joie dansent jusqu’au petit matin. Or le Général ordonne que le camp soit nettoyé par des chars qui incendient et rasent tout lorsque les soldats noirs sont en plein sommeil. Après ce massacre horrible, ce désastre humain indicible, une nouvelle marée de « tirailleurs sénégalais » embarque pour le front en métropole, ne soupçonnant pas ce qui attend ces nouvelles recrues africaines.

SEMBENE OUSMANE a bravé toute sorte de pressions visant à interdire la production de ce film documentaire. Mais le film existe, et le débat s’est avérée très vivant car les spectateurs, dans leurs différents propos, se sont montrés très révoltés, certains contre les « blancs », d’autres contre la colonisation et ses nouvelles formes d’aujourd’hui. Or s’agit-il d’une question de couleur de la peau ou d’un système ? Le Secrétaire Général de l’Université invitera l’auditoire à réfléchir sur nous-mêmes avant de pointer les autres du doigt. Autrement dit, au lieu de se contenter de culpabiliser l’occident, les jeunes Africains devraient désormais faire preuve de responsabilité pour prendre le destin de l’Afrique entre leurs mains à l’image de SEMBENE OUSMANE entre autres.
La cérémonie d’hommage se poursuivra ce Jeudi 26 Juin par la projection du film « CEDDO », une autre production captivante de SEMBENE OUSMANE à 17h à l’ Amphi 700 de l’ Université de YAOUNDE I. L’entrée est gratuite, aussi bien pour les étudiants que pour les autres spectateurs.

Dans « CEDDO », l’islam et le christianisme se disputent les fidèles africains à coup d’armes à feu, d’alcool et de pacotille de toute sorte déjà au 17è siècle. L’imam, après avoir converti la famille royale et les grands dignitaires, se heurte au refus des « Ceddo », le peuple. Pour eux, adhérer à une religion étrangère, c’est renoncer au spiritualisme africain. Aujourd’hui, en 2008, ce combat de chapelles religieuses a-t-il cessé chez nous ? Regardez autour de vous… ! Un film à ne pas manquer.

SOYEZ ENCORE PLUS NOMBREUX !
La Secrétaire de Séance
Marie Géraldine NGUIONG NOUTON

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