Rapport: La Philosophie africaine au service du développement africain
C’est pour renouer avec ses objectifs et sa mission que la fondation AfricAvenir a relancé les journées conférence-débat. Pour cela, rien n’aurait été mieux indiqué que le thème choisis pour l’occasion : « La Philosophie africaine au service du développement africain ».
Douala, 25 avril 2007
Rapport n°04/07 de la conférence/débat :
La Philosophie africaine au service du développement africain
C’est pour renouer avec ses objectifs et sa mission que la fondation AfricAvenir a relancé les journées conférence-débat. Tout est bien calculé pour cette relance : la cible, le temps, le thème, les panélistes et l’équipe. En effet, La cible principale sont les élèves en particulier ceux des classes d’examen. De plus, nous sommes à quelques mois des examens officiels. Pour cela, rien n’aurait été mieux indiqué que le thème choisis pour l’occasion : « La Philosophie africaine au service du développement africain ». Les noms des conférenciers sont connus :
• Monsieur Kamdem François (Enseignant de Philosophie au Lycée Polyvalent de Bonabéri)
• Monsieur Tchigankong Désiré (Etudiant en coopération internationale et Coordonnateur de la Fondation AfricAvenir Douala)
Prévu à 17h, la conférence va débuter avec juste quelques minutes de retard. Malgré la pluie et le mauvais temps, la salle de conférence est totalement pleine avant 17h 30 (plus de 100 personnes). Ceci est une grande première à la Fondation tant au niveau de la ponctualité que de l’affluence.
Comme annoncer par le Modérateur Monsieur Ngangue Serges, la conférence ce fera selon les étapes suivantes :
- Mot de bienvenue et présentation de la Fondation
- Intervention de Monsieur Kamdem François
- Intervention de Monsieur Tchigankong Désiré
- Parole à l’auditoire : questions/réponses/remarques
- Collation
Mot de bienvenue et présentation de la Fondation AfricAvenir
L’ouverture solennelle de cette série d’échanges est lancée exactement à 17h35, par le coordonnateur Monsieur Tchigankong Désiré qui va remercier l’assistance pour avoir répondu massivement à cette invitation qui en fait devrait profiter à tout le monde. Il a également saisi cette occasion pour présenter brièvement la Fondation AfricAvenir à l’assistante. Ceux qui sont arrivés plutôt ont eu droit a une petite visite guidée du centre.
Monsieur Tchigankong dans son assertion a fait comprendre au public, les jeunes en général, qu’il est flatté de l’intérêt que ceux-ci portent pour la documentation d’AfricAvenir puisque la plupart des élèves étaient captivés par les journaux de la salle de lecture. Monsieur Tchigankong leur a rappelé que c’est journaux, c’est pour le public que la fondation AfricAvenir se donne cette peine de s’en procurer, le but principal étant d’amener le public de sortir de l’ignorance des réalités locales, nationales et internationales. Il a également fait comprendre au public que la Fondation est dotée d’une bibliothèque spécialisée avec plus de cinq mille livres parlant pour la plupart de l’Afrique. Cette bibliothèque est aux dires du coordonnateur de la fondation AfricAvenir, le principal élément qui permettra aux jeunes intellectuels montant, de se focaliser sur les problèmes qui leur sont propres, de découvrir la richesse de leur culture et de renforcer leur identité. Sur ces mots, il passa la parole au Modérateur qui ouvrit la conférence baptisée Paroles aux Jeunes.
Intervention de Monsieur Kamdem François
Monsieur Kamdem François va prendre la parole et remercier d’abord la Fondation pour cette invitation. Il a reconnu avoir accepté cette invitation qu’après avoir vérifié et cherché les objectifs et missions d’une Fondation comme AfricAvenir. Convaincu par les résultats de sa recherche, il va donner son accord sans tarder.
Monsieur Kamdem va tout d’abord rappeler à son auditoire que la conférence bien que parlant de la philosophie africaine n’a pas pour but de prouver son existence car ceci reviendra à trahir la philosophie elle-même. De ce fait, son propos sera axé sur trois angles et s’attellera a :
- Présenter de la philosophie africaine
- Ressortir les filages de celle-ci
- Montrer comment celle-ci peut aider au développement intégral de l’Afrique
Présentation de la philosophie africaine
Existe-il une philosophie africaine questionne-t-il ? Le problème de la philosophie africaine va être soulevé lorsque certains occidentaux impérialistes et Dirigeants vont nier le droit de philosopher au africain.
A ceux-ci viendront s’ajouter certains philosophes tels que Hegel qui dans son livre « la raison dans l’histoire » va déclarer que les africains ne sont pas des hommes, donc incapables de réfléchir encore moins de philosopher. Pour lui les africains ne font pas géographiquement partir de l’histoire.
De même Jean Violkin va montrer que la philosophie est un évènement miraculeux, née dans la Grèce antique et donc exclue à toutes les autres civilisations. Il limite la philosophie au niveau des frontières. Ces courants de pensée vont être longtemps partagés par beaucoup d’autre tel que Heidegger. Qu’en pensent les philosophes africains eux-mêmes.
Quelles les filages de la philosophie africaine ?
Plusieurs facteurs ont contribué à la revalorisation de la philosophie africaine, d’abord les hommes de lettres. Par exemple : la revue légitime défense, présence africaine. Et certains mouvements comme la négritude et le mouvement des écrivains zaïrois.
Certains philosophes africains réduisent la philosophie africaine à de l’ethnophilosophie. Mais.
Pour Placides Tempels, les africains ont tous les mêmes besoins, et il y a chez eux une conception dynamique de l’être qu’on ne retrouve que chez l’Africain. En d’autres termes, pour Tempels les africains ont tous la même vision des choses. Mais Alexis Kagamé va démontrer que cette pensée est fausse. En consultant les écrits de certains philosophes africains on va se rendre compte que les pensées sont différentes et parfois totalement contradictoires. C’est le cas par exemple du concept de l’ethnophilosophie qui n’est pas partagé entre tous les philosophes africains. Car pour certains, réduire la philosophie africaine à l’ethnophilosophie revient à trahir le caractère rigoureux de l’exercice philosophique.
Si la philosophie cesse d’exister là où les points de vue sont identiques, alors, comme le dit Alexis Kagamé, Placides Tempels s’est grandement tromper car les africains n’ont pas tous les mêmes points de vue. Ils sont par conséquent des philosophes au plein sens du terme.
Cependant, parler de philosophie africaine est un faux Problème. Il faudrait parler de philosophie tout simplement et la philosophie ne saurait être réduite à un simple problème de couleurs de peaux ou de limites géographiques.
Alors si la philosophie se retrouve également chez les africains, comment peuvent-ils s’en servir pour le développement intégral de l’Afrique ?
Montrer comment celle-ci peut aider au développement intégral de l’Afrique
Monsieur Kamdem va expliquer que, pour aider au développement de l’Afrique, les écrivains africains doivent comme l’a proposé Marcien Towa, allez chez les occidentaux apprendre leur philosophie pour mieux nous connaître et accéder au développement. Car c’est en connaissant l’autre qu’on peut l’égaler et voir le dépasser. Il va également citer Ebenezer Njoh Mouelle, pour qui l’effort philosophique des africains ne doit pas être uniquement de retrouver les réalités anciennes car, une ancienne philosophie n’avance pas. Les philosophes doivent chercher à savoir ce qui a fait réussir l’Occident et comme nous le savons, ce sont les valeurs morales qui ont conduit au développement de l’Afrique. Alors, l’africain peut aller chercher chez l’occidental l’œuvre philosophique. Ceci ne signifie pas que les africains doivent perdre leurs repères, car l’Occident n’est pas le repère absolu et ne se limites pas uniquement à l’Europe, il peut s’agir aussi bien des chinois que des japonais. Prenant l’exemple des japonais et des chinois il, va montrer que qu’on peut apprendre des autres sans pour autant perdre sa culture.
En résumé, L’esprit humain doit puiser partout pour s’équilibrer. L’esprit humain doit éviter de s’enfermer dans les réalités africaines car il n’y a plus rien qui est typique au africain. Nous vivons dans un monde qui est devenu un petit village. C’est sur ces termes qu’il va clore son propos. Il sera immédiatement précédé par le deuxième conférencier de la soirée.
Intervention de Monsieur Tchigankong Désiré
Son intervention va être centrée sur les trois questions suivantes :
- Existe-t-il une pensée africaine ?
- Les africains sont-il à mesure de produire tout seul ?
- L’africain est-t-il un homme digne de ce nom ? Comment pourra-t-il reconquérir son identité ?
Existe-t-il une pensée africaine
L’orateur va démontrer qu’il existe bel et bien une pensée africaine mais que celle-ci a tout simplement été reléguée au second plan et qualifiée à tort de : Proverbes, contes ou sagesse populaire. Des grands livres de philosophie ont été écrits en Egypte il y a plus de 25.000 ans. Il cite pour cela les livres tels que « connaître les modes d’existence de Rê », « L’inscription de Shabaka », écrits par les grands penseurs de l’Egypte antique, tels que Ptahhotep qui a écrit de grandes maximes que les jeunes Africains devraient connaître pour acquérir la grande Sagesse véhiculée à travers plusieurs âges par leurs ancêtres.
Cette appropriation du Savoir africains par les Africains est un élément indispensable pour la formation de leur personnalité, elle amènera les Africains à comprendre qu’ils ne sont nullement des consommateurs des pensées étrangères, comme on l’a toujours pensé, mais qu’ils sont eux-mêmes à mesure de produire et de développer leur génie. Ils prendront en fait conscience du fait qu’ « ils sont au cœur de tout développement de la pensée et de l’incommensurable génie qui leur ont été transmis par leurs ancêtres et qui n’attend qu’eux pour le découvrir et s’épanouir ».
Monsieur Tchigankong fit également allusion au fait que la Renaissance européenne n’avait en fait qu’un but principal : orienter les esprits des autres peuples de la terre, surtout ceux qui ont longtemps été soumis à leur joug vers l’antiquité greco-romaine et faire le silence sur la prestigieuse civilisation négroïde égyptienne. Le but principal étant dans le cas de l’Afrique, de laisser se développer une élite formée à la pensée grecque et à mesure de défendre cette pensée partout dans le monde.
Les africains sont-il à mesure de produire tout seul ?
Les africains sont en mesure de créer va-t-il souligner et de montrer par la suite que l’Egypte ancienne qui géographiquement se situe en Afrique est la base de toute philosophie. Et que les habitants de l’Egypte ancienne étaient des noirs. Pour Monsieur Tchigankong, puisque l’Egypte est le berceau de la Science et de la civilisation, la pensée, tout comme l’humanité puisent leur origine en Afrique. Monsieur Tchigankong cite Nsame Mbongo qui a réalisé des travaux démontrant que la pensée philosophique tire son essence dans la Grèce antique. Les Grecs par exemple qui se vantent d’être les seuls philosophes ont en réalité appris la philosophie en Egypte. Ils se sont enrichis grâce aux rêves égyptiens et matérialisés ceux-ci.
Ce sont ces mêmes égyptiens qui ont inventés l’architecture, l’alphabet, les éléments de l’industrie d’habilement, le concept de la monogamie, la littérature, la chirurgie, la géométrie, le recensement de la population. Thalès et Pythagore par exemple reconnus aujourd’hui comme les pères de la mathématique et de la géométrie ont en réalité appris tout cela chez les égyptiens qui étaient déjà des grands mathématiciens. Ce sont ces formules mathématiques qui leurs ont permis de construire les pyramides d’Egypthe que nous connaissons tous aujourd’hui.
Devant tout ceci peut-on encore prétendre que l’africain n’a rien créé ? La réponse est claire : NON. Au vu de ceci on peut bien l’affirmer : l’Afrique est le berceau de toute civilisation. Cependant une question subsiste : que s’est-il passé ? Pourquoi tout ceci a été longtemps caché aux yeux du monde ? Pourquoi l’Afrique est-t-elle restée en marge de toute évolution ou civilisation ? Comme va l’expliquer l’orateur la réponse est simple. Il s’agit d’une vengeance ou mieux d’une revanche. Les Egyptiens s’étaient toujours vantés de toute leur connaissance et savoir devant les Grecs. Le refus de pensée égyptienne est né du fait qu’elle a longtemps humilié la pensée européenne. S’étant hissée au rang de première puissance mondiale après le déclin de l’Égypte antique, la Grèce s’est acharnée à effacer de l’histoire toutes les inventions de cette puissance qui l’avait longtemps humiliée.
L’africain est-t-il un homme digne de ce nom ? Comment pourra-t-il reconquérir son identité
Pour reconquérir son identité il est indispensable que les africains s’enracinent dans leur propre culture pour comprendre ce qui leur est propre et ce qui leur est étranger. Et pour ce faire comme le préconise Kum’a Ndumbe III, longtemps cité dans l’exposé de Monsieur Tchigankong, il faut que les africains procèdent à une restructuration du système scolaire qui est calqué sur le modèle occidental et qui crée des africains complexés. Il faut une éducation africaine à l’africaine. Les Africains doivent recourir à leur propre génie pour bâtir de leurs propres mains leur continent. C’est pour cela que l’orateur invite le public à s’enraciner dans les traditions africaines qui sont de plus en plus mises à côté au profit des traditions occidentales qui nous aliènent de plus en plus.
L’orateur a tenu à inviter les participants à construire leur identité sur la base de la connaissance historique qu’ils auront de l’Afrique, c’est pour cette raison qu’une restructuration du système éducatif s’impose d’après lui. Les Africains toujours d’après Monsieur Tchigankong savent tout des autres mais rien d’eux-mêmes, pourquoi être surpris de voir qu’au lieu du développement on assiste de plus en plus au développement du sous-développement. Les personnes censées bâtir des Nations fortes et prospères n’ont aucun savoir d’appoint qui leur permettra de construire quelque chose de durable. L’ignorance de soi et de son passé sont des choses impardonnables, c’est une maladie grave qui a besoin d’une thérapeutique qui consiste en une formation à l’africaine permanente de nos futures élites pour le bien de l’Afrique. Comme le soulignait Joseph Ki-Zerbo dans « Eduquer ou Périr», les africains doivent s’inspirer de la manière dont leurs ancêtres cherchaient et trouvaient des solutions à leurs problèmes.
L’africain doit s’enraciner dans sa culture afin de comprendre : d’où il vient, pour savoir où il va et découvrir les moyens qu’il a à sa disposition pour y parvenir. Si la renaissance européenne a pris naissance chez les Grecs et les Romains, pourquoi celle de l’Afrique ne prendra pas sa part en Egypte ? Une connaissance de soi-même par un retour à ses racines évitera la culture de la politique de la main tendue et la mise sur pied des stratégies de développements. L’être humain est au centre de tout mouvement dit de développement, c’est donc à lui que revient le devoir de repenser son développement et de mettre sur pied les balises principales pour son bien-être. Seul la reconnaissance de l’Afrique avec son histoire et sa culture lui donnera la connaissance nécessaire pour : la réconciliation de l’africain avec lui-même lui permettra de découvrir son identité propre, lui donnera confiance en lui, la force mentale préalable pour son affirmation dans le monde. Une révolution des mentalités est donc indispensable.
Comme annoncer par le modérateur, la Fondation AfricAvenir est un centre d’échange et de dialogue, d’où le titre Conférence/ Débat. Et débat, il y en a eu à la Fondation ce soir entre le public et les intervenants.
Parole à l’auditoire : questions/réponses/remarques
Plusieurs questions et remarques ont été apportées tout au long du débat. D’abord l’intervention de ce professeur de Lycée (Monsieur Kingue Joseph Roger) qui pense pour sa part que le thème choisis est déjà trop récurrent dans tous les débats philosophique et pourtant il s’agit d’un sujet dont on connaît la conclusion. Et se referant à l’intervention de Monsieur Kamdem, il interprète d’une autre manière la pensée de Placides Tempels sur la philosophie africaine. Pour lui, Tempels avait pour but dans son livre d’avertir ses frères colons sur le savoir noir afin qu’ils viennent mieux s’y enrichir. Il partage cependant l’avis de Marcien Towa pour qui la philosophie africaine doit nous aider à sortir des choses qui nous emprisonnent car, on ne peut pas se développer en restant sien. On doit s’échanger.
Pour cette jeune élève en classes de terminale au collège du levant on ne devrait plus parler de philosophie africaine en Afrique, car la philosophie est universelle. La différence se trouve juste dans la manière de la faire. On s’attarde à savoir qui est philosophe ou pas, il faut agir et créer. Nul ne saurait se prétendre philosophe s’il est en même temps un corrompu, ce qui est malheureusement le cas de plusieurs philosophes africains. On cesse de penser lorsqu’on devient corrompu.
Un autre élève en classe de Terminale au Collège du Levant, indexa Monsieur Tchigankong en lui faisant comprendre qu’il exige trop des Africains et qu’il aimerait comprendre pourquoi nous-autres les Africains nous en sommes là ? Pourquoi depuis l’Afrique ne crée rien et se contente de pleurer et de vanter les temps mémoriaux qui ne reviendront jamais ?
Les autres questions toujours dirigées vers Monsieur Tchigankong consistaient à savoir ce qu’il faut faire actuellement, on ne peut refuser de nous soumettre au style de vie occidental, nous avons déjà l’occident dans le sang alors comment nous en sortir ? Nier l’occident, fermer nos frontières ?
Un jeune élève en classe de terminale au lycée bilingue de Bonabéri s’est plutôt préoccupé des problèmes de développement, il demande à Monsieur Tchigankong qui demande aux Africains d’éviter la politique de la main tendue de savoir ce que deviendront les Africains ou les Camerounais sans les aides qui leur viennent de l’extérieur. Quelles sont les valeurs africaines dont Monsieur Tchigankong a voulu vanté tout au long de son exposé alors qu’on assiste de plus en plus à la montée du grand banditisme, des viols et autres comportements immoraux ?
Les réponses de Monsieur Tchigankong ont été assez claires. Pour lui, l’important pour nous autres Africains, ce n’est pas de fermer nos portes, aucun progrès n’est possible dans l’autarcie, bien qu’il reconnaisse que c’est l’une des particularités du progrès chinois qui s’est enfermé pendant un certain temps pour prendre son essor. Ce qu’il faut faire, c’est de trier ce que nous propose les autres et non nous contenter de tout prendre par simple mimétisme. L’occident comme tous les peuples de la terre a des valeurs et de très bonnes valeurs, mais les qualités vont de paire avec les défauts, il faut donc choisir quoi copier, soit ce qui est bon et progressif pour nous, soit ce qui est mauvais stagnant.
Monsieur Tchigankong a reconnu le fait que nous sommes des hybrides actuellement, mais il regrette le fait que nous soyons à 70% occidentaux et seulement 30% africains, il serait temps pour lui d’inverser la tendance en nous recentrant dans l’étude de nous-mêmes de notre passé et de notre civilisation.
Quand à la question sur les aides extérieures, Monsieur Tchigankong a déploré le fait que les Américains même n’empruntent pas l’argent aux institutions de Brettons Woods, pourquoi nous autres Africains sommes-nous les principaux clients de telles institutions qui n’ont pas pour objectifs le développement réel du continent mais plutôt son sous-développement et la fracturation de la politique africaine. Il est temps pour les Africains d’éviter le suivisme politique, l’Afrique a les moyens de fonctionner sans l’aide extérieure, il faut découvrir ses potentialités pour les mettre au service du peuple africain. Pourquoi les institutions de Bretton Woods favorisent la privatisation des débiteurs et non la construction des industries en Afrique qui auraient pour but d’amener les Africains à transformer sur place leurs matières premières. Il est temps qu’on prenne conscience que ce n’est pas l’autre qui doit déterminer notre bonheur mais que le bonheur est un processus intérieur qui varie d’un individu à l’autre, d’une communauté à une autre, d’un peuple à un autre.
Concernant la décadence morale, M. Tchigankong a invité le jeune homme à comprendre qu’en fait, tous les événements qui sont choses courantes dans nos sociétés, ne nous sont pas propres. Il a longtemps cité la télévision et l’importation des chaînes extérieures comme principaux responsables de la perte des valeurs morales. Dans l’Afrique de nos pères a-t-il mentionné, le respect des aînés, de la chose d’autrui, l’esprit de partage et d’entraide mutuel étaient les mots clés. Mais que nous véhicule les chaînes étrangères, les mêmes choses, le vol, le sexe, le mensonge, le profit à tous les prix, l’arrogance, l’orgueil etc. C’est tout ceci qui nous tue à petit feu.
A la fin de cette série d’échanges, le coordonnateur d’AfricAvenir a invité les jeunes venus massivement à mettre leurs cerveaux au service de l’Afrique, parce qu’ils resteront à jamais liés à ce continent, par l’existence, leur essence, leur sang et leur cordon ombilical. La fondation AfricAvenir est là pour mener ce combat, elle leur tend les bras depuis longtemps et attend impatiemment leur soutien.
L’auditoire a déploré le fait que de pareilles discussions ne soient pas organisées très souvent ; les élèves quant à eux ont regretté le fait que cette initiative ne soit prise qu’en fin de l’année scolaire alors qu’ils ont beaucoup appris sur eux-mêmes et sur leur continent.
Au terme de cette conférence/Débat, on a tous compris une chose : les africains sont entrain de prendre conscience de ce qui leurs est arrivé et désirent changer et par conséquent passé le cap de pays pauvres et très endettés à celui de pays développé. Pour ce faire ils doivent éviter de s’enfermer sur eux-mêmes, mais plutôt s’échanger avec les autres car aujourd’hui nous vivons dans un contexte de mondialisation dans lequel chacun doit pourvoir apporter sa contribution tout en se démarquant par sa propre identité.
La secrétaire,
Mlle Medong Nenfack Lycie.C