Rapport sur l’exposition :« je parle, je lis et j’écris ma langue et toi ? »
Du 25-31 janvier 2007 a eu lieu une Exposition de « 215 livres en 81 langues camerounaises » avec pour thème principal « je parle, je lis et j’écris ma langue et toi ? ». Lisez le rapport.
Douala, le 8 février 2007
Rapport sur l’exposition: « 215 livres en 81 langues camerounaises » du 25-31 janvier 2007 avec pour thème principal « je parle, je lis et j’écris ma langue et toi ? »
par Gaston EKWALLA et Anselm RITTER
L’initiative de ce projet est de donner une prise de conscience à la population camerounaise et de la diaspora sur l’importance de savoir parler sa propre langue, la lire et l’écrire aussi de leur montrer la collection des livres écrits en langues nationales camerounaises que la fondation AfricAvenir a collectées, ceci dans le souci de les amener à la compréhension de leur langue par un matériel didactique approprié.
C’est dans ce contexte que ce projet est né, afin d’être comme une sonnette d’alarme ; comme un sursaut d’orgueil pour faire comprendre aux gens la valeur de savoir parler sa propre langue, la crédibiliser , la valoriser et se mettre dans la tête que les langues étrangères sont les langues d’ouverture.
Nous avons remarqué un certain laxisme des pouvoirs publics par rapport à la place qui est réservée à nos langues et surtout l’importance qui lui est accordée dans l’enseignement et dans la vie publique. La Fondation AfricAvenir veut donc être un endroit par excellence où l’on pourra trouver tous les livres écrits dans nos langues maternelles, de faciliter aux Camerounais d’ici et de la diaspora d’être plus proches de leur culture, de leur histoire et de leur identité.
Comme par le passé, nous avons remis des lettres d’invitation aux médias, aux conteurs, aux autorités et personnalités de la ville puis aux chefs d’établissement scolaires de notre circonscription administrative.
Au Cameroun il y a 279 langues différentes inégalement réparties et où l’ouest domine en nombre de langues parlées. La plupart de nos livres ont été achetés à la SIL (société internationale de linguistique) qui est en effet un organisme a but religieux qui fait la propagation du christianisme au Cameroun. La stratégie est la suivante : apprendre nos langues, nous convertir et surtout nous évangéliser. C’est donc pourquoi bon nombre des livres qui sont imprimés sont écrits avec les langues nationales du grand nord afin de contrer l’islamisation de cette région en facilitant l’apprentissage de la religion en leurs langues locales. Quant aux autres, nous les avons eus dans différentes maisons d’édition et au collège Libermann de Douala qui est aussi un établissement catholique a but religieux.
Journée du 25 janvier
Elle a été ponctuée par l’arrivée de nos différents invités, des médias, une présence massive des élèves et un public plus ou moins averti.
La fondation AfricAvenir dispose de 215 livres écrits en 81 langues nationales camerounaises en plus du wolof et du swahili sans oublier les 5000 livres qui existaient déjà. Nous possédons aussi une carte géographique des langues du Cameroun et leur localisation, deux logiciels pour l’utilisation de l’ordinateur comme outil pour la traduction et la transformation du clavier pour l’écriture en nos langues. Un Atlas renfermant toutes les langues en fonction de leur unité administrative et du nombre de personnes censées parler cette langue a ouvert l’exposition. Les livres ont été disposés en 4 stands et classés par ordre alphabétique afin de faciliter leur visibilité.
Après le mot de bienvenue adressé par le fondateur le Prince KUM’A NDUMBE III, le public a été invité à visiter tous les stands en commençant par l’Akoose qui est une langue parlée au nord du Cameroun jusqu’ au Tupuri qui en est aussi une. On leur a expliqué la genèse de chaque langue et leurs principales déclinaisons. Des séances de question réponse ont eu lieu et tout le monde était autorisé à poser les questions : ce n’était pas la propriété exclusive des journalistes.
Initialement était prévu pendant tous les jours de l’exposition un conte en une langue quelconque, mais aussi pour la compréhension de tout le monde on a institué que le conteur devrait d’abord faire un résumé de son conte en français ou en anglais puis il donnera la moralité qui en découle car chaque conte en Afrique en général et au Cameroun en particulier est porteur d’un message.
La présence de toutes les cinq chaînes de télévision privées et publique, de quatre radios et de trois quotidiens témoignent de l’importance capitale que les médias ont accordée à notre projet et de l’intérêt qu’ils ont en diffusant ce sujet.
Cette journée a été clôturée en apothéose par un conte raconté par EBOUMBOU Gaston qui a parlé de la ruse de la tortue parmi les animaux de la forêt et de son inimaginable sagesse.
Les élèves des différentes écoles présents ont été amenés à donner leurs impressions par rapport à l’exposition et sur ce les avis étaient partagés.
On a noté la critique de Mlle KEDI Adeline élève en classe de terminale au lycée polyvalent de Bonabéri qui disait que : « les livres de langue que la fondation AfricAvenir a achetés l’ont été avec beaucoup de discrimination et de sensibilité car je ne vois pas de livre en ma langue maternelle qui est le Bakaka ». Or la vérité est que les moyens dont nous disposions pour la réalisation de ce projet étaient très insuffisants pour avoir tous les livres en 279. Certains livres en langues camerounaises avaient des manuscrits déjà faits mais pas imprimés et l’acquisition de tous ces livres est inégalement repartie sur le territoire camerounais.
Mr. DONG Gaspard élève en classe de première C au collège Classique de Bonabéri se plaignait du fait que la fondation n’ait pas de bureau dans le centre ville de Douala afin de permettre à plus d’un de bénéficier de cette aubaine sans toutefois dépenser des sommes énormes pour le transport du centre ville vers la fondation.
Son Altesse Royale, le prince des SAWA et actuel Vice-Président du Ngondo, M. René Douala Manga BELL nous a expliqué qu’il prenait cette initiative avec beaucoup de fierté et de nostalgie car c’est plusieurs années qu’on ouvre devant lui, il croyait que tout était perdu puisqu’à leur époque le DUALA était enseigné à l’école comme l’allemand, il est persuadé que tout n’est pas perdu étant donné que la relève est presque assurée ; il faut ajouter qu’au Cameroun les personnes qui ont plus de 50 ans ont appris une langue maternelle à l’école.
Journée du 26 janvier
La fondation a enregistré la visite d’au moins 100 personnes toutes ayant suivi l’information soit à la télévision, soit à la radio. Leurs avis étaient différents mais pour la plupart ils venaient acheter les livres pour leurs familles mais les livres n’étaient pas à vendre.
Dans l’après midi, on a reçu une élève du collège du levant de Douala en classe de première A au nom de MAKONE Christine, qui a dit un conte en EWODI puis, accompagnée des danseurs et danseuses de son établissement, ils ont dansé la musique traditionnelle des SAWA : Essewe.
Journée du 27 janvier
Elle a été marquée par la présence d’un groupe d’élèves de lycée de Bojongo qui ont apprécié le projet avec quelques réticences au sujet de savoir quels seront les critères de choix pour qu’une langue soit prise comme langue pilote afin qu’elle soit étudiée par les autres et cette situation ne va –t- elle pas apporter plus de tribalisme ?
La réponse est que si chaque personne faisait des efforts d’apprendre la langue de la localité dans laquelle elle se trouve, alors ce sera un avantage car elle aura appris une autre langue en plus de la sienne et va s’intégrer plus facilement dans la localité où elle vit .
Journée du 28 janvier
Certains journalistes qui n’étaient pas présents le premier jour ont pris la peine d’y être cette fois-ci pour couvrir l’évènement et avoir les impressions des différentes parties prenantes de l’exposition.
La lecture et le conte ont été en langue Tupuri par un employé de la fondation au nom de félix NDECSO
Journée du 29 et journée du 30 janvier
La fondation a reçu entre autres la visite de Madame KUTTA épouse KALLA LOBE membre du bureau exécutif des personnes âgées qui a aussi apprécie l’initiative a sa juste valeur.
Journée du 31 janvier
Les élèves du lycée polyvalent de Bonabéri, accompagnés de leur professeur de français M. KINGUE, ont fait une séance de lecture commune et ont répondu aux questions de la radio Equinoxe et de la presse écrite La Nouvelle Expression.
La multitude d’interviews dans toutes les radios de la ville et les différentes parutions des articles au sujet de l’exposition montre que le message n’est pas tombé aux oreilles des sourds.
On peut noter :
Presse écrite
Le quotidien Messager du 24 janvier page 8 a consacré une annonce à propos de l’exposition « La révolution culturelle à AfricAvenir – Langues nationales : 215 livres en 81 langues camerounaises en exposition à Bonabéri »
Cameroon Tribune qui est un quotidien de l’Etat en a aussi relaté dans sa parution du mercredi 24 janvier à la page 14 « Le livre en langue nationale en vitrine »
Le quotidien Mutation du lundi 29 janvier page 12 a fait un article sur « Des livres en 81 langues camerouanises – La Fondation AfricAvenir abrite plusieurs activités locales »
Le quotidien « La Nouvelle Expression » du vendredi, 02 février 2007, a publié un article p.14 « AfricAvenir parle 81 langues locales – L’exposition dans ce centre culturel de 215 livres en langues nationales s’est achevée le 31 janvier dernier à Douala. Contes, chants et danses en langues ont été au programme » avec trois interviews de participants « Réactions » (interviews de l’élève Claudia Dongmo, de l’étudiante Lydie Elyane KOUALONG étudiante à l’université de Douala puis du journaliste de la station radio EQUINOXE Joël Igor ABANDA
Radios
Prince KUM’A NDUMBE III, directeur d’AfricAvenir, a fait de nombreuses interventions à la radio pour mieux éclairer les auditeurs par rapport à notre projet.
CRTV Littoral, dans son émission DIBAMBE de NJOH Superman, qui a une durée de 40mn, diffusé le dimanche 28 janvier à 22h15mn a fait une interview au fondateur d’AfricAvenir prince KUM’A NDUMBE III au sujet de l’exposition.
Vida BAKONDY, stagiaire à la fondation AfricAvenir a aussi fait une interview dans la station de radio catholique VERITAS, le jeudi 01 février de 16h à 16h30mn en anglais, pour le compte de la fondation en comparant avec la situation linguistique de l’Autriche, son pays d’origine
Prince KUM’A NDUMBE a également fait deux heures de débat le dimanche 28 janvier à 20h30mn en présence des autres invités dans la station de radio EQUINOXE au sujet des langues et de l’intérêt pour le Cameroun de s’y investir.
Chaînes de télévision
La chaîne de télévision CANAL 2 International, a présenté le film de l’exposition dans le journal de 20h du jeudi et du vendredi respectivement 25-26 janvier puis l’interview réalisée dans nos locaux par leurs journalistes le 25 janvier journée de la cérémonie d’ouverture et par la suite ils ont présenté l’évènement plusieurs fois dans leurs principaux journaux télévisés pendant quatre jours à compter du 25 janvier.
STV2 également a projeté l’évènement plusieurs fois à compter de la cérémonie d’ouverture les différents aspects de l’exposition et des défis de demain.
Prince KUM’A NDUMBE III a été invité au journal de 20h30mn du samedi 27 janvier et a été aussi l’invité à l’émission rétrospective en anglais et en français du dimanche 28 janvier à 20h30mn .
EQUINOXE TV a fait un large reportage de l’exposition dans son journal du 25 janvier 20H, en exhortant toute la population camerounaise de réfléchir sur ce qu’on peut laisser aux générations futures comme héritage.
CRTV Télé par la présence de leurs journalistes Bertrand KONGA, Célestine ADJAN ont fait
une interview au professeur le 25 janvier à la fin de la cérémonie d’ouverture qui a été diffusée dans leur antenne le jour suivant au journal en anglais de 19h30mn et celui en français de 20h30mn.
Une chaîne de télévision /Internet de Lyon (France) a tourné pendant toute la journée du 25 janvier
L’exposition a été visitée par environ 120 personnes dont des parents, des élèves, des étudiants, des professeurs de lycées et collèges et des universités, par des personnes âgées, par des juristes, des journalistes, des fonctionnaires, des chômeurs, des hommes d’église etc.
La fondation AfricAvenir clôture ainsi le travail d’une année qui a consisté à :
-Organiser des mois de cinéma en langues africaines
-Collectionner des livres en langues camerounaises
-Collectionner des CD de chansons en langues camerounaises
-Faire une exposition de livres en langues camerounaise
-Susciter un débat national sur l’urgence de l’utilisation des langues nationales.
On peut dire que l’objectif a été atteint. Nous disons un grand merci à tous ceux qui ont cru en l’urgence de cette tâche et qui nous ont aidé financièrement ou par leur travail de volontaires bénévoles. Sans la contribution fondamentale de l’Etat de Steiermark/Land Steiermark en Autriche, ce travail d’un an n’aurait jamais pu se réaliser. Et sans le coup de main du CERDOTOLA à la dernière minute pour l’exposition, celle-ci n’aurait pas connu le succès obtenu. Nous disons un merci sincère à ces parteniares.
Par : M.Gaston EKWALLA et Anselm RITTER
March 13th, 2007 at 5:40 pm
Chers Messieurs/Dames,
Je loue l´initiative prise par AfricAvenir, consistant à sauver nos cultures autochtones d l
-tones de lóubli dans lequel celles-ci croupissent.Je souhaiterais recevoir des indications
plus concrètes au sujet des livres publiés sur les langues autochtones du Cameroun.
Ces langues sont la matière première de ma thèse d´État, soutenue en Espagne il y a de cela 3 ans; celle-ci reste encore inédite et je suis en trian de réunir des matériaux afin d´inclure des données plus récentes.
Par ailleurs, si vous puissiez m´aider en me fournissant d´amples informations au sujet de l´état actuel de la lexicographie chez nous. Des dictionnaires, des glossaires ou des simples lexiques ou vocabulaires disponibles. Je suis disposé à apporter ma contribution. Car ma spécialité´embrasse le secteur de la lexicographie théorique et pratique. Je reste joignable au moyen de l´adresse mentionnée plus huat.
Merci