Exposition: Je parle, j’écris ma langue, et toi ?
Du jeudi 25 au mercredi 31 janvier, la Fondation AfricAvenir invite le public à une exposition de 215 livres publiés en 81 langues camerounaises.
Note d’Information Nr. 1/jan/07
« Je parle, j’écris ma langue, et toi ? »
C’est sous ce slogan que la Fondation AfricAvenir a organisé en 2004 un concours de langues camerounaises auquel ont participé 1600 élèves issus de 16 établissements scolaires de Douala. Surtout depuis 2006, avec des moyens de bord et beaucoup de sacrifices, nous avons acheté, collecté, classé plus de 200 livres et plus de 120 contes en langues camerounaises, tirés de revues publiés entre 1900 et 1940. S’est ajouté à cette collection plus de 50 CD de chansons en langues camerounaises.
En 2007, la Fondation AfricAvenir invite le public à une exposition de 215 livres publiés en 81 langues camerounaises du jeudi 25 au mercredi 31 janvier à l’ancienne route de Bonabéri. L’inauguration de l’exposition aura lieu à 15 heures.
« Je parle, j’écris ma langue, et toi ? ». Chaque Camerounais devrait répondre à cette question et mesurer son degré d’ignorance de soi-même. Celui qui ne parle pas, qui n’écrit pas sa langue est un handicapé, un extraverti qui ne saurait maîtriser son environnement. Celui qui ne rêve que dans la langue de l’autre, du blanc, ne saurait prétendre avoir les instruments nécessaires pour un épanouissement réel, encore moins pour le développement de son pays. Les peuples africains ont été soumis à un génocide intellectuel et spirituel depuis la colonisation et après les indépendances. Ce génocide passe d’abord par l’imposition de langues européennes et l’exclusion systématique de langues africaines dans la vie scolaire et publique. Les langues africaines sont alors déclassées et qualifiées de « dialecte », de « patois », les langues européennes seules bénéficiant du qualificatif de langue.
La Fondation AfricAvenir a constaté dans ses observations de par le monde qu’aucun pays ne s’est développé par la langue de l’autre, en excluant sa ou ses propres langues dans la vie active, dans la transmission du savoir ou dans la recherche scientifique. L’imposition de langues étrangères à l’enfant africain est l’une des sources principales de l’échec scolaire. Or l’enfant africain qui apprend dans sa langue maternelle dès le départ économise deux années d’école primaire du système actuel et est meilleur en français ou en anglais que celui qui commence l’école dans la langue européenne. Ces résultats ont été attestés au Mali, au Burkina Faso et dans d’autres pays africains.
En collectant et en mettant à la disposition du public les livres en langues camerounaises de sa Bibliothèque Cheikh Anta Diop, la Fondation AfricAvenir voudrait lancer un débat public sur l’urgence de l’utilisation de nos langues dans la vie active et publique, et comme instruments de transmission de savoir. Ce n’est pas une question de nostalgie, mais un débat international qui pointe le doigt sur l’urgence de l’utilisation de langues africaines comme moteur principal de développement de nos pays.
Pendant une semaine, chacun pourra toucher les livres dans sa propre langue, des conteurs vont raconter des contes dans nos langues camerounaises, des danseurs et chanteurs nous égaieront avec des chants dans nos langues. Le Camerounais n’est pas bilingue, il est multilingue. C’est cela notre réalité, profitons-en ! « Je parle, j’écris ma langue, et toi ? »
Nous vous invitons à venir découvrir la beauté et la profondeur de notre patrimoine linguistique et culturel. Consultez le programme de chaque jour !
Programme :
15 H – 18 H
Discours inaugural
Présentation et visite de l’exposition
Conteur en langues camerounaises
Interview avec les médias
(Un conteur dira des contes dans une langue camerounaise tous les jours de 18-19 H, alternativement avec des danseurs-chanteurs). A titre indicatif :
24 janvier 07 Duala et Bulu
25 Ewondo et Tpuri
26 baka et vute
27 Fulfulde et Bassa
29 Fêfê et Yemba
30 Nso et bakundu
31 Tikar et mundemba
Prince Kum’a N’dumbe III
Professeur des Universités