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Ouverture du mois du cinéma africain

Discours d’ouverture du mois du cinéma africain à la fondation AfricAvenir à Douala, par le Prince Kum’ a Ndumbe III.

Honorables invités,

C’est un très grand plaisir pour moi de relancer le projet de cinéma africain ici à Bonabéri, en sélectionnant les films qui viennent d’être ou qui sont actuellement projetés au 13è festival du film africain à New York (20 avril-29 mai) et aux Etats Généraux du cinéma noir à Paris (28 avril-8 mai).

L’ambition de la fondation AfricAvenir a toujours été de mettre des œuvres de grande qualité internationale à la disposition de nos populations Bele Bele et de la ville de Douala. Il s’agit ici d’un travail de promotion des œuvres de l’esprit issus du génie des Africains, y compris ceux de la diaspora. Mais en même temps, il s’agit d’un travail d’éducation de nos populations, de nos élèves, étudiants, intellectuels, cadres qui depuis le jardin d’enfants sont éduqués de manière presque exclusive par des œuvres issus du génie européen ou américain. Si nous devons résoudre les problèmes de notre pays, de notre environnement, de notre continent avec des recettes exclusivement étrangères, alors, bonne chance pour le développement du sous-développement !

Aucun peuple au monde n’a réussi à résoudre ses problèmes en s’appuyant essentiellement sur les recettes venues d’ailleurs. Il est urgent de mettre à la disposition de nos enfants, de nos élèves, étudiants, intellectuels, cadres, artisans et sauveteurs les outils issus de notre propre génie, articulés avec nos mots, notre esprit, notre façon de penser, de rêver, d’imaginer le monde pour permettre au pays riche que nous sommes, d’avoir des populations riches et non pas pauvres très endettées. L’acquisition d’une richesse durable, la promotion d’un développement économique stable, passent par l’utilisation de notre propre génie dans tous les domaines de la vie active, intellectuelle et spirituelle, les apports extérieurs ne constituant alors que des compléments indispensables.

Je le dis et je le répète : il faut arrêter l’esclavage et le génocide intellectuel des populations africaines et camerounaises ! Permettons à notre peuple de libérer son génie et de le mettre à la disposition d’un développement durable et prometteur. Cessons d’être les petits élèves des autres nations et institutions internationales qui doivent nous dire ce qu’il faut faire chez nous. Mais nous n’y arriverons jamais si nous continuons à dépendre intellectuellement des autres, si nous continuons à utiliser exclusivement leurs œuvres de l’esprit pour l’éducation de nos enfants et de nos populations. Il est urgent, il est temps de redresser la barre dans les nations africaines. Il est temps de faire du citoyen africain un partenaire de dialogue au niveau international, et non plus celui qui rabâche une leçon apprise chez l’autre, une leçon mal digérée parce que inadaptée à son environnement africain ou camerounais.

A titre de Prince Bele Bele, je ferai ma part pour les populations de Bona Bele et de Douala, et les infrastructures de la Fondation AfricAvenir soutiendront cette action de réappropriation par les Africains du discours sur l’Afrique, de la réappropriation par les Camerounais du discours sur le Cameroun. Dans cette perspective, le cinéma africain est un instrument pédagogique de premier plan car il éduque en divertissant.

Le cinéma africain utilise dans la plupart des cas nos langues africaines et leur rend au niveau international l’honneur qui leur dû, un honneur qui pendant si longtemps a été refusé à nos langues. 18 films en moré, wolof, malgache, français, seront projetés en 21 projections pendant un mois, tous les mercredis et samedis à 16 H et à 19 H. Ces films doivent nous permettre de relancer un débat sur nos valeurs et repères de l’homme d’Afrique, sur nos stratégies de survie dans des économies sinistrées, sur nos croyances et sur la construction de nos rêves collectifs d’aujourd’hui.

En dehors de ces projections programmées, la Fondation AfricAvenir invite les écoles à solliciter des projections spéciales pour leurs classes pour des discussions plus approfondies après les projections. Cette approche paie énormément pour la structuration de la personnalité de nos jeunes.

Nous avons organisé ici des concours de langues avec 16 établissements de Douala IVè en 2004. Les trois établissements gagnants de ce concours (Collège du Levant, collège Nguesson, CES de Sodiko) seront dans un avenir proche des partenaires des établissements secondaires de la ville de Vienne, capitale de l’Autriche. Le Ministère de l’éducation et de la culture de Vienne nous a confirmé cette possibilité.

La Fondation travaille actuellement sur la publication d’une version datant de 1910 de l’épopée duala « Masomandala/Jeki la Njamba Inono », avec une traduction en ewondo et en français. Il s’agit de restituer à notre peuple son patrimoine, et de le mettre à la disposition des autres camerounais, Africains, et de nos partenaires dans le monde.

La relance de la maison d’éditions AfricAvenir est effective depuis décembre 2005, et nous aurons publié quinze livres d’ici la fin de l’année. Les Editions AfricAvenir/Exchange & Dialogue ont participé à la Foire du livre de Leipzig et seront présentes à la foire du livre de Francfort en octobre 2006.

AfricAvenir a participé au Sommet du film Africain de Twane/Prétoria en avril 2006, en rencontrant environ 300 cinéastes et producteurs africains et de la diaspora. Nous espérons pouvoir les faire venir ici à Bonabéri. C’est dans ce sens que nous saluons l’effort de Bassek Ba Kobhio qui a fait des écrans noirs à Yaoundé une institution au Cameroun. Il mérite des encouragements engagés.

Du 8 au 10 juin, les œuvres du peintre et illustrateur de livres Christian Kingue Epagna, qui vit en France, seront exposées en présence de cet auteur de merveilleux livres d’enfants et de jeunes..

Cette année, douze étudiants européens sont admis en stage à la Fondation, quelques étudiants de l’Université de Yaoundé I débuteront aussi leurs stages académiques à la Fondation ici à Bonabéri.

A Berlin, AfricAvenir International e.V. occupe la scène culturelle de Berlin à tel point que environ 40% des manifestations sur l’Afrique dans la capitale allemande sont maintenant organisées ou co-organisée par AfricAvenir International e.V.

Le site www.africavenir.org vient d’être réorganisé depuis hier. Journalistes, chercheurs, étudiants, enseignants, ce site est fait pour vous aider à trouver rapidement les documents qu’il vous faut dans votre travail quotidien sur une Afrique en renaissance.

Ce soir du mercredi 17 mai à 21H05, et vendredi à 0H10 la CRTV radio (91.3), dans le cadre de son émission « Dimbambe », se penchera pendant quarante minutes sur le travail de la Fondation AfricAvenir

Après ces informations, il ne me reste plus qu’à vous souhaiter un grand plaisir pendant un mois dans le visionnage du cinéma africain.

Prince Kum’a Ndumbe III

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