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African Film Summit: Appel du Prof. Kum’a Ndumbe III

Depuis 1993, la Fondation AfricAvenir s’est engagée dans le combat pour la renaissance de l’Afrique, dans le combat pour la formulation d’un développement réconciliant notre personnalité africaine avec les défis d’aujourd’hui et de demain.

Tswane/Pretoria, 5 avril 2006
African Film Summit

Honorables cinéastes, honorables participants,

Je voudrais vous dire ma reconnaissance pour avoir permis que deux délégués de la Fondation AfricAvenir participent à vos travaux pour écouter, apprendre et savoir comment mieux servir la cause de la renaissance africaine par le biais de l’audiovisuel et du cinéma en particulier.

En 1946, le savant sénégalais Cheikh Anta Diop posait cette question dans une revue à Paris : « Quand pourra-t-on parler de la renaissance africaine ? » Aujourd’hui, et particulièrement après la dernière grande victoire de l’Afrique sur la terre de nos ancêtres à l’extrême sud du continent, nous sommes en pleine reconstruction de notre image, nous nous sommes engagés sur le chemin de la réconciliation avec nous-mêmes et avec les autres.

Je rends hommage ici avec une profonde satisfaction à la vision de nouveaux leaders africains que sont Nelson Mandela et Thabo Mbeki et qui n’hésitent pas à mettre des moyens matériels et financiers importants pour que l’Afrique dans sa diversité puisse se reconquérir elle-même.

Depuis 1993, la Fondation AfricAvenir s’est engagée dans le combat pour la renaissance de l’Afrique, dans le combat pour la formulation d’un développement réconciliant notre personnalité africaine avec les défis d’aujourd’hui et de demain. Dans cet engagement, la Fondation AfricAvenir utilise le cinéma africain pour éduquer les jeunes dans leurs salles de classes, les étudiants dans leurs amphithéâtres, les élites et les cadres dirigeants formées à l’eurocentrisme, les rois et autorités traditionnelles désorientés depuis l’humiliation et la domination de l’extérieur.

Nous projetons vos films devant ces publics, en choisissant des thèmes précis, suivis de débats, sous la couverture des médias. Ce travail peut durer de deux semaines à toute une année scolaire. Notre expérience depuis 1993 a montré que le film africain s’est avéré être un outil pédagogique de premier plan, grâce à sa nature orale et visuelle.

Nous achetons vos films avec les droits de projection par exemple à la Médiathèque des Trois Mondes à Paris ou par l’intermédiaire des producteurs. Mais le plus difficile, c’est de savoir par quel biais nous pouvons nous procurer vos films et surtout constituer une cinémathèque africaine au siège de la fondation à Douala.

Aidez-nous à acquérir vos films sur DVD ou VHS pour ce travail d’éducation quotidienne, offrez-nous ce que vous pouvez. Il faut changer les images ancrées dans le subconscient de nos populations, il faut changer les images sur nous fabriquées dans le subconscient de nos partenaires, il faut changer ces images qui nous emprisonnent et nous dérobent notre énergie vitale. Changer l’image de nous-mêmes chez nous et chez les autres, voilà ce qui va libérer nos énergies pour une Afrique brillante et audacieuse. Voilà ce qui va nous rendre capable de donner le meilleur de nous-mêmes à nos enfants et à l’humanité entière.

Depuis l’an 2001, AfricAvenir projette aussi chaque mois des films africains à Berlin. Nous avons réussi le pari d’une fondation africaine d’avoir une antenne en Europe qui fonctionne avec des volontaires européens devenus militants de la renaissance africaine. Le programme du cinéma africain d’AfricAvenir peut être consulté sur le site Internet Série de films “african reflections”.

A partir de l’année prochaine, nous espérons avoir les moyens pour faire venir les cinéastes africains pour deux semaines à Douala et travailler avec la population et les écoles à partir des films qu’ils auront produits. Nous le faisons déjà avec les écrivains, quand les moyens financiers nous le permettent.

Honorables cinéastes, je vous saurais gré de nous prévenir lorsque vous savez que vous ferez un tour au Cameroun ou en Allemagne, pour que nous voyions ensemble comment vous intégrer dans nos programmes de Douala ou de Berlin. Prévenez-nous au moins deux mois à l’avance. Merci de nous aider à relever ensemble le défi de changer les images et les mentalités chez nous et chez les autres car ce siècle est vraiment le siècle d’une Afrique qui s’est retrouvée, le siècle d’une Afrique qui participe à la guérison des maux et des déviances de ce monde.

Je vous remercie

Prince Kum’a Ndumbe III

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