Lancement solennel du mois du cinéma africain
Aujourd’hui 22 février 2006, à 15 heures, sera lancé le mois du cinéma africain à la Fondation AfricAvenir, ancienne route de Bonabéri, face Hôtel Royal Palace. Le Sénégalais Sembène Ousmane et le Camerounais Jean Marie Téno seront à l’honneur avec leurs films « Le Mandat » et « Le Malentendu Colonial ».
Les amoureux du cinéma sont cordialement invités.
Après une brève explication du Prince Kum’a Ndumbe III, fondateur d’AfricAvenir sur le pourquoi d’un mois du cinéma africain, « Le Mandat » sera montré de 15 30 à 18 Heures. La participation aux frais pour chaque projection est de cinq cent francs cfa.
Sur le Mandat : 15H
A Dakar, un bon musulman sénégalais, vit avec ses deux femmes et leurs sept enfants, tranquillement sans travail. Alors qu’il est chez le coiffeur, ses femmes reçoivent un mandat d’Abdou, un neveu parti en France. Rapidement, tout le quartier est au courant de l’aubaine. Les femmes achètent des provisions à crédit, des parents demandent leur part et certains essayent de lui extorquer de l’argent.
Le mandat, ce morceau de papier, au lieu d’apporter richesse et reconnaissance, devient le symbole de la honte et de la déchéance. Une peinture humoristique et sans concession de la nouvelle société africaine après les indépendances.
Sur le Malentendu colonial : 19 H
Qui a le premier apporté l’évangile du Christ au Cameroun ? Alfred Saker ! Non, c’est faux, démontre Jean Marie-Téno dans son film qui nous trahit comment et pourquoi l’évangélisation du Cameroun ou de la Namibie a été forcée et soutenu par le colonialisme.
Au début du 19è siècle, des Européens sont partis prêcher l’évangile et convertir au christianisme des peuples du monde entier. Convaincus qu’ils étaient de la supériorité de la civilisation européenne, ils ont, pour la très grande majorité d’entre eux, accompagné et soutenu la colonisation en Afrique servant ainsi directement leurs intérêts et ceux de leur Etat d’origine.
En s’emparant de ce paradoxe, Jean-Marie-Téno reconstitue ce chapitre de l’histoire de l’humanité en montrant la dialectique entre éthique et intérêts marchands, avec pour résultat le traumatisme des colonisés et les préjugés des colonisateurs. Il confronte l’analyse d’historiens et de chercheurs africains comme Kange Ewane, Paulin Oulokpona Yinon, Kum’a Ndumbe III avec ceux des chercheurs allemands comme Joachim Zeller, Werner Wienecke, etc. En 2006, nous ne sommes pas encore libérés du colonialisme. Dans « Le Malentendu colonial », Jean-Marie-Téno nous dit pourquoi. Aujourd’hui à 19H, à la fondation AfricAvenir, ancienne route à Bonabéri.