Mois du cinéma africain à la Fondation AfricAvenir à Bonabéri
La Fondation AfricAvenir organise un mois de cinéma africain du 22 février au 18 mars 2006 dans ses locaux à l’ancienne route de Bonabéri. L’ouverture solennelle aura lieu le mercredi 22 février à 15 Heures précises avec un mot introductif du Prince Kum’a Ndumbe III, homme de culture.
La fondation AfricAvenir invite les médias et la population à prendre part à ce lancement du mois du cinéma africain pour ouvrir un large débat sur les problèmes brûlants des pays africains d’aujourd’hui.
Ce programme d’éducation et de divertissement vise à rendre hommage au doyen du cinéma africain Sembène Ousmane et au dynamisme des cinéastes tels que Jean Marie-Téno, Rachid Bouchareb, Idrissou Mora KPAI et Moussa Traoré.
Sembène Ousmane et Jean-Marie-Téno ont offert gracieusement à la Fondation AfricAvenir des copies de leurs films. Pour Sembène Ousmane, il s’agit de « Le Mandat », « Xala », « Ceddo », « Camp de Thiaroye », pour Jean-Marie Téno de « Le Malentendu Colonial » et de « Si-Gueriki. La Reine –Mère », un film de Idrissou Mora KPAI, produit par Jean-Marie Téno .
Ces films nous mènent à travers les dédales du colonialisme, de l’évangélisation forcée et du déracinant des Africains par le christianisme (Le Malendendu Colonial de Jean Marie-Téno) ou par l’islam (Ceddo de Sembène Ousmane). Les revendications des Africains qui se sont battus pour les Européens pendant les deux guerres mondiales sans toutefois obtenir l’égalité et la fraternité sont mises en scène dans « Camp de Thiaroye ». Et à chaque fois, la résistance des Africains est mise à l’honneur. Mais Sembène Ousmane fustige aussi à merci les dérives de la corruption dans les sociétés africaines après les indépendances dans « Le Mandat ». Avec un humour cruel, Sembène dénonce la vie ostentatoire et la sexualité débridée des nouveaux riches dans une société polygamique (XALA).
Le film de Rachid Bouchareb « Little Senegal » nous renvoie à la relation des Africains d’aujourd’hui avec les Africains-Américains, le passé de l’esclavage, la recherche enggée par nos frères américains pour retrouver des familles d’origine en Afrique et vice-versa, la vie dure des Africains aux Etats-Unis, le monde sans solidarité où ne règne que le dollar.
« Si-Gueriki - la Reine-Mère », d’Idrissou Mora KPAI nous confronte avec la réalité de notre histoire, de nos racines, de nos cultures que nous avons délaissées pour la vie occidentale des Blancs. Comment naviguer entre ces deux-mondes ?
« TGV » de Moussa Touré nous mène dans un bus allant de Dakar à Conakry, traversant des régions dangereuses, dans une folle aventure où se retrouvent des explorateurs blancs à côté des voyageurs africains d’une vitalité, d’un humour et d’une gaieté peu communes.
La Fondation AfricAvenir souhaite ainsi sensibiliser les populations aux productions cinématographiques africaines, aux problèmes brûlants de nos sociétés, en utilisant le film comme un moyen d’éducation et de divertissement. Nous invitons les écoles, lycées et collèges à prendre attache avec la fondation pour des séances de projections- débats pouvant aider leurs élèves à une meilleure compréhension du contenu et de l’esthétique du film africain.
Prince Kum’a Ndumbe III
Fondateur