Les langues africaines : quel engouement !
Rapport du concours de langues africaines organisé par la Fondation AfricAvenir à Douala, Cameroun de Septembre 2004 à Décembre 2004. Plus de 1.600 élèves ont participés!
Par: Prince Kum’a Ndumbe III, Professeur des Universités, Fondateur d’AfricAvenir
et Marie-Rose Lobé Ndongo, Attachée de Direction, chargée de la gestion et de la coordination à la Fondation AfricAvenir
Le dernier trimestre de l’année 2004 fut particulièrement marquant à la fondation AfricAvenir dans le cadre de l’une des missions que cette dernière s’est assignée, à savoir : « freiner l’étouffement que produit les langues coloniales sur les peuples africains ». Quand l’on sait que la langue est le véhicule d’une culture, l’alarme a été sonnée par la fondation, traduisant ainsi le début d’une longue aventure à la découverte et la revalorisation des langues africaines.
Le dicton selon lequel la charité bien ordonnée commence par soi même serait erroné si la fondation débutait ce long processus en Guinée ou autre pays africain que ce soit. C’est ainsi que le Cameroun fut le premier pays africain à avoir bénéficié de cette expérience car étant non seulement le pays abritant le siège de la Fondation AfricAvenir, mais aussi le pays communément appelé « l’Afrique en miniature » de par sa diversité linguistique et socio culturelle.
En effet, la ville de Douala et plus précisément le canton de Bonabéri qui est étrangement représentatif de la majorité des ethnies et donc des langues camerounaises, a vibré au son de la trompette qu’a sonné la fondation à la veille de l’année 2005.
1 - Un concours inédit lancé dans les établissements scolaires de Douala
- L’encadrement par le projet « Diversité linguistique et alphabétisation dans une perspective globale : une perspective comparative des pratiques dans les langues des pays d’Europe et d’Afrique 2004-2007»
Grâce au projet international « Diversité linguistique et alphabétisation dans une perspective globale : une perspective comparative des pratiques dans les langues des pays d’Europe et d’Afrique», projet dont AfricAvenir est membre, nous pouvions bénéficier des résultats de la discussion scientifique sur l’apprentissage des langues nationales et sur l’éveil des consciences pour l’importance des langues nationales africaines.
Il nous a été possible par ailleurs d’obtenir un soutien financier du Ministère de l’Education, de la Recherche scientifique et la Culture d’Autriche à Vienne. Sans ce soutien, nous n’aurions jamais pu mener l’action de ce concours de langues nationales dans toute cette ampleur.
- Compétition des élèves par établissement
La quarantaine d’établissements que compte le département du Wouri , arrondissement de Douala IVè s’est vue quelque peu surchargée dans leurs divers programmes culturels par l’entrée en jeu et ce de façon dynamique de l’équipe d’AfricAvenir Douala, qui, consciente de la langueur et de la pauvreté des divers programmes culturels dans les établissements au Cameroun, réduits souvent au football et à la copie conforme des images que nous renvoient les chaînes télévisées à la parabole, s’est évertuée à inculquer et à convaincre non seulement les élèves ( le fer de lance d’une nation) mais aussi les dirigeants et les encadreurs que notre mission était noble et non une perte de temps comme ils semblaient vouloir nous le faire comprendre au début.
C’est ainsi qu’au prix de nombreuses descentes dans les établissements scolaires pour battre campagne et inciter les différents établissements à participer au concours que nous avons lancé, à courtiser les différents chefs d’établissements, à courtiser les élèves eux mêmes, à les flatter à la limite, sous les feux du soleil ardent du dernier trimestre de l’année au Cameroun, de la poussière suffocante des routes non bitumées menant aux différents établissements, les rabrouements souvent injustifiés de certains chefs d’établissements qui n’avaient pas compris jusque-là le but de notre mission, le refus catégorique de certains élèves quant à quelque contribution que ce soit en ce qui concerne le concours, les hésitations et les mines pas convaincues de certains encadreurs, nous réussîmes à rassembler la masse non négligeable de 1600 élèves pour toute la compétition, en plus de leurs charters de supporters.
Ont répondu présents au concours de langues nationales parmi tant d’autres
- LE LYCEE BILINGUE DE BONABERI
- LE LYCEE POLYVALENT DE BONABERI
- LE COLLEGE INSET DE BONABERI
- LE CES DE BOJONGO
- LE COLLEGE IMP DE BONABERI
- LE COLLEGE CEGET DE BONABERI
- LE COLLEGE NGUESSON DE MABANDA
- LE CES DE MABANDA
- LE COLLEGE TONJI DE MABANDA
- LE COLLEGE DU LEVANT DE BONABERI
- LE COLLEGE CLASSIQUE DE BONABERI
- LE CES DE SODIKO DE BONENDALE
- LE COLLEGE CEFOP DE BONABERI
- LE COLLEGE SAINTE CECILE DE BONABERI
- Notre méthode d’approche : l’implication des chefs d’établissements, des enseignants et des parents d’élèves
Nous pénétrions ainsi dans les salles de classe, accompagnés des surveillants généraux des établissements à la recherche des élèves volontaires capables de représenter leur établissement dans quelque langue que ce soit, nous sélectionnions ces langues en fonction des données que nous avions recueillies dans les listes. Il est important de rappeler ici que les surveillants généraux des divers établissements ayant participé au concours ont été d’une très grande aide pour nous et nous ont beaucoup facilité la tâche . Ensuite, nous établissions une liste de tous les participants, les rubriques et les langues dans lesquelles ils participeront et nous les renvoyions aux différents chefs d’établissements afin qu’ils organisent la sortie de leurs élèves pour le concours et qu’ils choisissent les encadreurs chargés de les accompagner ce jour.
Par ailleurs, rassembler les élèves et intéresser les chefs d’établissements était une chose, organiser le concours, en était une autre. C’est ainsi que le concours était constitué de cinq rubriques à savoir le chant , la danse , l’expression orale( la traduction des phrases du français à la langue nationale choisie ), la lecture des textes écrits en langues nationales et l’écriture ( une dictée était faite aux élèves en langues nationales et il s’agissait pour eux d’écrire.). Chaque élève composait dans sa langue maternelle.
Les membres du jury étaient choisis par la suite dans les environnements traditionnels, les individus susceptibles de maîtriser les langues sélectionnées au concours comme les pasteurs qui prêchent dans une langue qui n’est pas leur langue d’origine et qu’ils ont donc apprise et mise en pratique lors des prédications. Des invitations étaient envoyées par la suite aux différents parents d’élèves afin qu’ils viennent constater par eux mêmes (les premiers interpellés dans notre lutte avant les encadreurs scolaires) le désastre culturel dans lequel la jeunesse se trouvait aujourd’hui: une façon pour nous d’éveiller les consciences de ces parents aujourd’hui obnubilés par l’idée de voir leur progéniture abandonner l’Afrique pour aller vivre en Europe, mettant ainsi l’accent de l’éducation de base reçue par l’enfant sur les cultures des autres et reniant ce qui fait de nous des Africains, notre culture (nos langues). Nous pouvions souvent les voir sortir de notre salle de spectacle après des prestations très médiocres de leur enfant, non sans une certaine satisfaction de notre part, les mines défaites peut-être parce qu’ils se culpabilisaient ou parce qu’ils avaient honte.
2 - Quart de finale, demi-finale, et finale du concours des langues nationales
- Le concours lors de la grande finale du 15 décembre 2004
Le concours s’est échelonné sur trois étapes, les quarts de finale, les demi finales, et la finale. Après des éliminatoires tonitruantes, environ trois cents élèves tous les jours où les concours avaient lieu, il fallait pouvoir les loger dans la salle qui peut offrir à peine une centaine de places assises. Les uns se retrouvaient sur les autres et refusaient carrément de sortir quand on le leur demandait, dans une salle surchauffée tous les samedis matins pendant environ quatre mois, nous avons essayé de gérer ces enfants, élèves de 6ème jusqu’en Terminale, qui tant bien que mal entrevoyaient déjà l’importance de la maîtrise de leur langue maternelle. Certains d’entre eux étaient hués quand ils avaient par exemple la malchance de ne pas savoir compter de un à cinq dans leurs langues maternelles et cela les poussait à aller apprendre à le faire pour les étapes suivantes.
Après les éliminatoires où bon nombre d’établissements ont été éliminés, venaient ensuite les demi-finales où six établissements seulement ont été retenus, notamment
- LE COLLEGE DU LEVANT
- LE LYCEE BILINGUE DE BONABERI
- LE CES DE BOJONGO
- LE COLLEGE NGUESSON
- LE LYCEE POLYVALENT DE BONABERI
- LE CES DE SODIKO
Cette étape du concours a été très difficile, car croyant que les encadreurs avaient compris l’importance de ce que nous faisions, ils n’étaient pas forcément prêts à mettre la main à la patte, à savoir organiser leurs élèves afin que les meilleurs seulement soient sélectionnés, il fallait donc que nous organisions encore ces élèves et que le jour du concours, les encadreurs viennent tout simplement surveiller. Les trois meilleurs ont été sélectionnés pour disputer la finale, notamment le COLLEGE DU LEVANT, le CES DE SODIKO , et le COLLEGE NGUESSON. Ces derniers étaient les meilleurs parmi la quarantaine d’établissements, mais le prix de l’excellence a été remis au COLLEGE DU LEVANT à l’issue de la finale qui eut lieu le 15 décembre 2004 à partir de 15h. Le Collège Nguesson arriva en 2è position, le CES de Sodiko prit la 3è place.
- Sponsoring : Le Ministère Fédéral de l’éducation et de la Culture d’Autriche (Vienne), le Prince René Douala Manga Bell et les Entreprises camerounaises à notre secours
Qui dit concours dit primes ou récompenses pour les vainqueurs,une autre étape que nous devions franchir, quand l’on sait que les entreprises camerounaises susceptibles de nous épauler sur ce plan sont plus attirés par les demandes de sponsoring concernant le sport ( plus particulièrement le football) que par toute autre chose, si noble soit–elle, les réponses acerbes des secrétaires des différentes directions commerciales n’étaient pas pour nous encourager, les rendez-vous et les promesses non tenus des différents responsables non plus, des allers et retours sans succès aucun, et même quand ils daignaient nous donner quelque chose, c’était par pitié vu le nombre interminables de tours que nous avions faits, ce qui nous poussait parfois à nous adresser même aux chefs traditionnels et autres pour pouvoir encourager les enfants à revenir lors des étapes suivantes. Certaines entreprises telles que ISENBECK, COCA COLA, CHOCOCAM, CAMLAIT, nous ont soutenu d’une façon ou d’une autre, même si c’était vraiment négligeable et ne nous permettait pas de primer ne serait-ce que le tiers de nos vainqueurs.
Le sponsoring se limitait souvent à quelques bouteilles de coca colas, quelques chocolats, quelques yaourts etc. alors que nous avions perpétuellement un manque crucial de chaises pour faire asseoir la masse d’élèves qui arrivaient pour les concours. Il fallait louer plus de deux cents chaises supplémentaires tous les samedis, si ce n’est que pour citer cela, car il fallait entre autres aussi recevoir et payer le transport aux membres de jury que nous avions invités. Cependant, nous pûmes tant bien que mal satisfaire tous les élèves.
- La solidarité et l’implication des médias
Par ailleurs, dans tout ce concours, le coup de chapeau peut être donné aux médias qui sans contrepartie aucune, nous ont soutenu tout au long de ce grand périple. Démontrant parfois plus d’enthousiasme que nous n’en attendions, nous supportant dans toutes nos demandes, nous encourageant, couvrant tous nos évènements, nous donnant des espaces de temps à la radio pour mettre le public de douala au parfum de ce qui se passait à Bonabéri, ce qui amenait certains responsables d’établissements n’étant pas concernés par la zone choisie à nous interpeller quant à leur éventuelle participation et même à manifester leur désapprobation quant au fait que nous n’ayons pas travaillé avec leur zone. Nous étions souvent obligés de nous confondre en promesses incertaines. Les adultes et les non scolaires nous interpellaient également grâce au travail des médias et nous encourageaient et réclamaient l’organisation d’un concours pour les non scolaires.
Les médias présents tout au long de notre aventure étaient entre autres , les quotidiens nationaux Cameroon Tribune, Mutations , Le Messager , Le Popoli, La Nouvelle Expression, et les chaînes de radio SWEET FM , Nostalgie FM, Dynamic FM, Radio Bonnes Nouvelles et la chaîne de télévision Canal 2 international. Plusieurs articles ont parus dans la presse (reproduits dans : www.africavenir.org) . Des interviews et plusieurs émissions spéciales furent organisées par ces différentes radios.
- La contribution spéciale de la radio Dynamic FM
Grâce à un partenariat entre la radio Dynamic FM et la Fondation AfricAvenir, pendant deux mois, le concours de langues nationales fut lancé par Dynamic FM sur les ondes depuis la ville de Douala. Des phrases étaient à traduire dans les langues camerounaises, des proverbes et devinettes en langues nationales étaient soumis au concours des auditeurs, des chansons étaient chantées en direct par les auditeurs depuis leur téléphone. Dynamic FM demandait aux gagnants d’aller retirer leurs lots au siège de la Fondation AfricAvenir à Bonabéri..
- Le soutien personnel du Prince René Douala Manga Bell
Les autorités traditionnelles ne sont pas du reste ici, car à chaque fois que nous les avons invitées ou que nous avons sollicité leur appui, elles n’ont jamais manqué de nous aider. Le Roi des Bakoko du Moungo, Sa Majesté Maurice Njocke Essawe était venu encourager les enfants et leur a témoigné de la sympathie. Nous citons particulièrement ici la personne du prince RENE DOUALA MANGA BELL, qui de par sa contribution financière à la finale nous a aussi aidés à primer les lauréats. Il nous a également honoré deux fois de sa présence malgré son âge très avancé, contrairement aux diverses personnalités que nous avions invitées et qui n’ont peut-être pas trouvé opportun d’honorer le rendez vous.
- Les œuvres de Mozart et de Mandela comme récompense supplémentaire
Le Ministère de l’Education, de la Recherche Scientifique et de la Culture d’Autriche avait envoyé une édition spéciale des œuvres de Mozart sur cassettes pour les gagnants, et le Fondateur avait ramené d’Afrique du Sud les contes illustrés de Nelson Mandela en ISIXHOSA. Ces œuvres furent remis comme récompense supplémentaire aux trois lauréats.
- Les fans club AfricAvenir dans les établissements scolaires
Aujourd’hui, des fans clubs AfricAvenir sont créés par des groupes d’élèves dans tous les établissements de Douala IVème pour répercuter nos activités dans les établissements, une façon pour les élèves de nous faire peut-être comprendre qu’ils nous soutiennent à 100%, ce qui pourrait être parfait si c’était le cas pour tout le monde. Des chefs d’établissements réclament d’autres concours, et même des élèves n’ayant pas participé au dernier réclament le concours pour prouver qu’ils ne sont pas aussi ignorants que cela quant à leurs langues. En janvier 2005, nous avons été submergés par les demandes des élèves de relancer le concours de langue. Ils ont fini par comprendre et par accepter que AfricAvenir n’avait pas les moyens d’aller au-delà de quatre mois d’organisation de ce concours.
3 - Les mesures d’accompagnement du concours de langue
- Le staff d’encadrement
Notre staff ordinaire n’aurait jamais pu faire face à l’organisation d’un concours qui mobilisa presque trois mille élèves, même si à la fin, 1600 seulement participèrent individuellement. Il aura fallu la mobilisation de parents d’élèves, de professeurs de lycées et collèges, mais surtout aussi de nos seize volontaires qui ont oeuvré pendant quatre mois pour la réussite de ce processus. Les volontaires se composaient de diplômés de l’enseignement supérieur, de jeunes ayant interrompu leurs études pour diverses raisons, d’étudiants des universités de Douala et de Yaoundé I, de chômeurs et d’amoureux de la culture. Ils se sont organisés jusqu’à la fin, pour qu’il n’ y ait pas de vide quand l’un ou l’autre était indisponible.
Le staff se composait de jeunes camerounais de différentes régions, secondés par un étudiant allemand de la faculté des sciences politiques de l’Université libre de Berlin en stage de trois mois et par une jeune bachelière allemande en stage de formation de neuf mois à la Fondation AfricAvenir à Douala. Grâce au projet du concours de langues, un intense échange interculturel s’opéra parmi ces jeunes dynamiques de plusieurs origines et nationalités et laissa des marques profondes, comme le témoignent leurs rapports individuels (reproduit in : www.africavenir.org)
- Palabre africaine et théâtre en langue nationale
D’ autre part, nous avons organisé ce que nous appelons les palabres africaines.
Il s’agit d’un programme de descente de l’équipe forum de dialogues dans les villages et les quartiers de la ville pour parler des thèmes bien précis mais en langues nationales. La langue utilisée dans ces régions est le plus souvent ce que nous sélectionnons comme langue de débat ou d’échanges. Les sujets sont souvent variés et portent sur tout ce qui concerne la société camerounaise en particulier et africaine en général.
Les étapes que nous suivions consistaient en la prise de contact avec le quartier ou village sélectionné, puis avec les autorités traditionnelles notamment les chefs de quartier ou de villages qui prenaient sur eux la responsabilité de réunir leurs populations au jour et à l’heure convenus. Notre équipe se déplaçait alors pour la région en question.
Les débats étaient souvent très animés et les propositions de solutions aux problèmes posés étaient nombreuses.
Le village que nous avons visité le trimestre passé se nomme BONENDALE et est situé à quelques kilomètres de Bonabéri à Douala. Nous y avons fait une descente sous le thème
« l’usage de nos langues nationales est-il possible dans le système éducatif camerounais aujourd’hui ? ». La langue de débat de ce jour était le DUALA.
La majorité de la population a répondu par la positive à cette question posée car forte de l’expérience de l’époque coloniale où certains des anciens présents à la palabre fréquentaient en langues nationales et avaient un matériel didactique approprié.
Des suggestions et des propositions nous ont été faites quant à la construction d’un centre d’apprentissage du DUALA à BONENDALE, et un natif du village nous a proposé une portion de son terrain pour la réalisation de ce projet.
Ils nous ont demandé de ne pas abandonner cette idée dans la mare de l’oubli , mais d’essayer de la réaliser et de revenir, ils nous accueilleront à bras ouverts .
Les problèmes que nous avons rencontrés sont des problèmes de transport de l’équipe car nous n’avons pas de voiture capable de nous transporter tous pour ce genre d’expédition.
Les journalistes qui nous ont accompagnés ont été désagréablement surpris par la pluie vu le manque de confort et l’étroitesse dans laquelle nous étions dans la voiture .( 17 personnes dans un véhicule d’à peine 08 places et de surcroît sans capot).
Cependant l’expérience a été très enrichissante surtout sur le plan linguistique, car les recherches que les jeunes de notre staff avaient effectuées afin d’être capables d’exposer en DUALA, nous ont permis d’approfondir nos connaissances quant aux diverses tournures de cette langue.
- Les soirées et les après-midi de contes
Nous avons par ailleurs organisé et vécu des après-midis de contes inoubliables dans les établissements maternels et primaires en compagnie des élèves. En effet, nous travaillons avec des groupes de conteurs qui disent des contes en plusieurs langues camerounaises, notamment :
- Le BASSA
- LE DOUALA
- LE TPURI
- LE BAKWERI
- LE BAKOKO
- LE BALIMBA
- LE BAGANGTE
- LE DSCHANG
Nous avions l’avantage de compter dans l’espace géographique de Bele-Bele (Bonabéri et environs) des langues qui peuvent être considérées comme les grands groupes linguistiques du Cameroun. Ce qui fait que la majorité des enfants pouvaient comprendre le langage des conteurs. Mais aussi, par la gestuelle, les techniques, et l’animation, ces contes avaient une magie qui faisait oublier qu’on ne saisit pas très bien la langue dans laquelle les contes sont dits.
Les chefs d’établissements primaires et maternels comparativement à ceux des collèges dans le cadre des concours nous accueillaient avec beaucoup de chaleur et beaucoup d’encouragement pour notre fondateur. C’est pourquoi l’enthousiasme était au top quant à la réalisation de ces séances de contes.
Les enfants quant à eux nous accueillaient avec des regards mêlés de curiosité et de crainte.
Mais aussitôt qu’ils étaient mis au courant de l’objet de notre visite , ils manifestaient leur joie comme savent le faire seulement les tout petits . Nous prenions donc rendez-vous avec les chefs d’établissements et nous convenions de la date et de l’heure .
Les enfants nous attendaient souvent nombreux et les conteurs formaient un cercle à l’intérieur duquel ils se plaçaient pour déployer leurs talents .
Les enfants participaient le plus souvent dans les divers jeux de société lancés par les conteurs qui consistaient aux devinettes de chez nous et aux charades et même à des concours de danses traditionnelles avec les divers danseurs des groupes de contes . ils remportaient souvent de grands lots offerts par AfricAvenir et nous suppliaient de revenir la prochaine fois.
Nous avons contacté plusieurs établissements dans le cadre de ce programme mais peu nous ont confirmé notre descente malgré l’accueil chaleureux et les promesses, la plupart ont été vaines.
Comme autre embûche à notre travail , certains fondateurs n’étaient pas mis au courant par les directeurs sur place et cela pouvait nous valoir des journées perdues et même des fonds perdus car nous nous occupons du déplacement des conteurs et de menus frais liés à ces programmes tels que les per diem des conteurs , les déplacements des groupes d’animation traditionnelle et bien d’autres.
Cinq établissements sur douze contactés ont répondu favorablement et effectivement à notre offre. Il s’agit notamment de :
- LA ROSERAIE DE BONABERI
- COMPLEXE SCOLAIRE HAPPY CHILDREN
- COMPLEXE SCOLAIRE EMERGENCE
- COMPLEXE SCOLAIRE PADRE PIO
- COMPLEXE SCOLAIRE TOM & JOHN
Les programmes de certains ne cadraient pas avec les nôtres et ainsi, cela les disqualifiait d’office, il s’agit notamment de :
- LES ROSSIGNOLS DE BONABERI
- MOTHER THERESA DE BONABERI
- BEL AVENIR
- GOD SHEPERED
D’autres ne répondaient même pas malgré nos multiples courriers estimant que le programme ne cadrait pas avec leurs objectifs académiques pour les élèves . il s’agit notamment de :
- ECOLE PILOTE
- HORIZON
- ECOLE PUBLIQUE DE BONABERI
Cette expérience a été très enrichissante pour notre équipe et pour les enfants qui ont assisté à nos après-midi de contes.
- Le Cinéma en langues africaines
Pendant deux mois, des films en langues africaines avec des sous-titres en français ou en anglais ont pu être projetés. Ces après-midi de films n’ont pas eu beaucoup de succès comme nous l’espérions, et les défauts relevés dans la publicité de ces projections seront corrigés pour les prochaines sessions.
- Collecte de contes en langues camerounaises dans les bibliothèques et archives allemandes
Pour posséder une bonne documentation à la bibliothèque Cheikh Anta Diop d’AfricAvenir à Douala, un membre de l’équipe de la « Nouvelle Dynamique » d’AfricAvenir fit pour la deuxième fois la collection systématique des contes en langues camerounaises dans les grandes bibliothèques de Berlin en Allemagne. Les Allemands ayant colonisé le Cameroun avant la première guerre mondiale, ils s’étaient tellement intéressés aux contes camerounais qu’ils les imprimèrent dans plusieurs revues de langues en Allemagne dès 1895. Aujourd’hui, nous avons collectés et classés ces contes camerounais à la Bibliothèque Cheikh Anta Diop à Douala. Une étudiante de l’université de Yaoundé I travaille actuellement avec ce matériau pour son mémoire de maîtrise. Ces contes sont mis à la disposition des conteurs, chacun dans sa langue maternelle.
- La publication d’un numéro spécial de « Dialogue Forum » d’AfricAvenir sur la diversité linguistique
En dehors des affiches dans la ville et les établissements, les nombreux tracts imprimés et distribués, il nous fallut aller plus loin.
Pendant la période des concours de langue, AfricAvenir a tenu à publier un numéro spécial de son « Dialogue Forum », Journal d’AfricAvenir en format tabloïd de 16 pages (Volume II, Nr.2/2004, décembre 2004/janvier 2005) pour alimenter et élever le débat sur la diversité linguistique. Dans ce numéro, il y a des articles de fond sur les langues de la planète, sur l’impérieuse nécessité d’une renaissance africaine soutenue par les langues africaines, sur l’utilisation des langues nationales dans l’éducation en Afrique, sur la politique linguistique de l’Union Africaine. Des contes en langue duala et en langue tpuri sont aussi publiés dans ce numéro avec des traduction en français. Ce numéro de Dialogue Forum imprimé en 1500 exemplaires fut largement diffusé parmi les enseignants, les parents d’élèves, les décideurs politiques, les journalistes à Douala et à Yaoundé. Il fur aussi remis aux participants des deux rencontres sur la diversité linguistique et sur l’organisation de l’année africaine des langues en 2006 sous l’égide de l’Union Africaine. Ces rencontres eurent lieu à l’université du Cap en Afrique du Sud des 4 au 9 décembre 2004.
Cette publication est aussi diffusée sur Internet par le site www.africavenir.org
Site Internet avec des pages spéciales sur les langues africaines
Le site Internet de la Fondation, www.africavenir.org a été complètement réorganisé pendant le dernier trimestre de l’année 2004, et une rubrique spéciale a été consacrée aux langues africaines. Même si il y a encore beaucoup à faire sur cette rubrique, elle peut néanmoins déjà être utilisée pour orienter le débat sur la valeur et l’utilisation des langues nationales dans une Afrique en mutation. Les documents rassemblés seront bientôt disponibles sur le net.
- Enregistrements audio et vidéo
Des enregistrements audio et vidéo ont été faits lors des différents stades du concours, et un résumé vidéo de cette méthode pédagogique est mis sur CD-ROM. Il devra cependant être peaufiné avant une utilisation dans les salles de classe.
4 - Les Répercussions du concours de langues nationales
- Partenariat avec les lycées autrichiens
La récent prolongement de ce concours de langue fut la proposition faite par le Ministère de l’Education, de la Recherche Scientifique et de la Culture de l’Autriche à Vienne de mettre trois lycées autrichiens en contact de partenariat avec les trois établissements secondaires lauréat du concours de langue au Cameroun. Ces établissements viennent de présenter à AfricAvenir leur première ébauche de partenariat qui sera bientôt diligenté à Vienne.
Que serions-nous heureux d’avoir la visite des délégués du Ministère de l’Education, et du Ministère de la Culture du Cameroun dans les locaux de la fondation AfricAvenir pour apprécier notre travail de promotion dans l’éducation et la culture !
- Et la suite ?
Faute de moyens financiers, nous avons tout arrêté en fin janvier 2004. Nous espérons que nous ne perdrons pas tous ces collaborateurs permanents et intérimaires formés depuis janvier 2004 pour la promotion de nos langues nationales. Nous cherchons les moyens financiers pour poursuivre ce programme qui s’est révélé capable d’entraîner des foules vraiment enthousiastes. Un sponsor pour la promotion de nos langues et de nos contes se cacherait-il quelque part, parmi nos lecteurs ? Si notre travail mérite encouragement, alors, n’hésitez pas à nous contacter !
ndumbe3@yahoo.de
lobe_m@yahoo.fr
Douala, le 17 février 2005
April 29th, 2005 at 7:13 pm
Ebol’a bwam a bato. N’e muñenge jita, oñola nje lo ma bolano. Masoma !!!
May 7th, 2005 at 4:44 pm
Bonjour, je suis Française d’origine Camerounaise et je souhaiterai apprendre un maximum de patois camerounais sur internet pour ne jamais perdre mes racines. Pouvez vous m’indiquer un site qui pourrait répondre à ma demande?
Merci par avance,
Gwladys
May 14th, 2005 at 11:50 pm
Bonjour, je suis Québécoise d’origine Camerounaise et j’aimerais apprendre, un peu
comme Gwaladys, des patois camerounais, soient le bafang et le bagangté sur internet
afin de ne pas perdre des racines et les inculquer plus tard à mes enfants.
J’aimerais savoir s’il existe des sites pour apprendre le patois “online”. Merci
d’avance.
June 1st, 2005 at 5:59 pm
i wish to express my sincere and great pleasure for this website that is a timely pill for all those in search of identity and cultural breed. i am a student at ecole normale superieure yaounde. i am in year five studying bilingual letters. bye for now. may i request a practical guide to learn dualu especially.
July 26th, 2005 at 8:25 pm
Je suis Sénégalais au Pérou et je voudrai connaitre un site sur la toile qui par
el du Peulh, c’est l’une des langues les plus parlées au Sénégal.
Merçi.
September 1st, 2005 at 12:09 am
Hi awa, i can teach you teh duala language, it will be a pleasure for me.
November 10th, 2005 at 3:44 pm
tres satisfaisant vos commentaire mais je voulais un planc d’action qui me permettra de battre campagne ds une istitut suprieur
March 28th, 2007 at 10:15 am
bonjour je m’appelle cécilia et je sui française .je suis marié avec un camerounais donc j’aimerai apprendre à parler bassa.je voudrai savoir si il existe des livres pour pouvoir apprendre.merci
August 2nd, 2007 at 9:48 am
Matama!!
Je m’appelle Benoît je suis métis Français Camerounais et je voudriais connaître mon dialecte de chez moi : le bakoko, je ne connais quelques mots et phrases. Ou puis-je trouver des livres ou un site sur internet pour apprendre. Merci ou comme on dit chez moi “Masoma”
August 2nd, 2007 at 10:00 am
Hi all,
would be good to stop talking and writing about “patois” and “dialect” when talking about languages! A dialect is always a dialect of sth, of a language, so if you say Bakoko is a dialect, it is a dialect of what? Of Douala? Or is it a language of its own?
Pardon, il faut arrêter de parler de patois et de dialectes… L’Afrique a des langues et des dialectes. Mais un dialecte est toujours un dialecte de qc. En Allemagne, il y a beaucoup de dialectes différents, mais on parle tous la langue allemande.
Pour les livres d’apprentissage, il n’en existe que peu. Pour le Douala juste un jusqu’aujourd’hui, et il est vieux. AfricAvenir sera (espérons-le) bientôt en mesure de publier des manuels, mais pour l’instant… Il nous faut continer à construire cette institution.
A+ Eric
June 23rd, 2008 at 3:09 pm
Bonjour, je suis Camerounaise et j’aimerais apprendre, un peu
comme sophia, des patois camerounais, soient le bandjoun et le bagangté sur internet
afin de ne pas perdre des racines et les inculquer plus tard à mes enfants.
J’aimerais savoir s’il existe des sites pour apprendre le patois “online”. Merci
d’avance.