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La narrateur Babacar Mbaye Ndaak à Douala

Samedi, le 28 février dernier, le siège d’Africavenir était pris d’assaut par des poètes et des écrivains camerounais, qui se sont associés à cet événement, aux côtés du “maître de la parole”, le Sénégalais Babacar Mbaye.

Le narrateur sénégalais Babacar Mbaye à Douala

Le Quotidien Mutations du mercredi, 03 mars, 2004
Culture: Rencontre: par Priscille G. Moadougou

Il n’y a pas eu de soirée au clair de lune. Encore moins de grand feu. Ce qui n’a rien enlevé au charme de la grande veillée du conte africain. Une rencontre organisée dans le cadre du programme ” Diversité linguistique et apprentissage de langues nationales : un échange interculturel ” de la Fondation Africavenir de Douala, en collaboration avec la Fondation Youssou N’dour de Dakar. Samedi, le 28 février dernier, le siège d’Africavenir était donc pris d’assaut par des poètes et des écrivains camerounais, qui se sont associés à cet événement, aux côtés du ” maître de la parole “, le Sénégalais Babacar Mbaye.

Les conteurs, en retraçant les différentes péripéties de leur héros, n’ont pas manqué de faire participer le public à travers des refrains de circonstance. Une ambiance qui a fait oublier, le temps d’un récit, qu’il n’y avait pas véritablement foule.

Les orateurs se sont succédés sur la scène. D’abord Ekoume, puis Djeni, jeune conteuse. Du haut de ses 14 ans, la fillette a raconté les malheurs d’une mère dont les repas concoctés étaient mangés par une femme fantôme. Prince Kum’a Ndumbe III, organisateur de la soirée, a rendu un hommage à Cheick Anta Diop, à travers un poème conçu quelques jours après le décès de ce savant africain le 7 février 1986. Le mois de février étant décidément cruel pour les artistes, une minute de silence a été respectée en mémoire du metteur en scène Kéki Manyo. Folly reprendra le flambeau du conte plus tard, à l’aide de son ” mvet ” et de son chasse-mouche. Babacar Mbaye, lui, clôturera la soirée par un conte fort apprécié par la petite communauté sénégalaise qui y a pris part.

Au-delà des divertissements, il est nécessaire de rappeler que cette grande veillée du conte africain s’inscrit dans à un cycle dont l’objectif est d’œuvrer pour la promotion des langues dans les écoles par le biais du conte. A son ouverture, la Fondation Youssou N’dour a envoyé le conteur Babacar Mbaye, qui a séjourné au Cameroun du 19 au 29 février dernier. Il a donné des prestations de veillées de contes à Kribi et a organisé une tournée dans des écoles. Par ailleurs, le groupe “Bongongi ba Bele” a offert ses prestations du conte ” Jeki la Njamb’a Inono “.

Ce cycle du conte est prévu pour se tenir tout au long du mois de mars, et de prendre fin en avril. Africavenir, pour mener à bien ce projet travaille en collaboration avec plusieurs associations. Parmi celles-ci, l’Association nationale des comités de langues camerounaises (Anaclac), le Fédération des académies de langues africaines et associées (Falaa), le Centre européen de langues (Ecml), le ministère Autrichien de l’Education, de la Science et de la Culture, la Commission autrichienne de l’Unesco, l’université du Cap et le projet pour l’éducation alternative (Praesa) en Afrique du Sud, la National centre for Language and Literacy en Grande-Bretagne, et avec la Faculty of Educational Research de Hambourg en Allemagne.

Prince Kum’a Ndumbe III, directeur d’Africavenir et homme de culture, constate que les générations actuelles ont rarement eu la chance d’écouter les contes dans leurs langues maternelles. Elles ne les découvrent souvent qu’à l’école et dans une langue étrangère, à travers un monde merveilleux étranger à la culture locale. La Fondation pour le développement, la coopération internationale et la paix propose comme apport à la résolution de ce problème, un programme de deux mois de ” cycle de contes dans nos langues camerounaises ” dans les écoles primaires et secondaires de Douala IVe et dans d’autres établissements de la ville. Il s’agira donc de mettre à la disposition des élèves, des conteurs capables de captiver l’attention des élèves et des professeurs pour le monde merveilleux du conte africain.

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